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Couverture du n° : 18 Randonner dans l'archipel

Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832), peintre oublié

Né en Guadeloupe à Sainte-Anne, fils naturel d'un père blanc Pierre Guillon, Procureur du Roi en Guadeloupe et d'une esclave affranchie noire, Guillaume Guillon-Lethière passe une bonne partie de son enfance sur l'île. À quatorze ans, le jeune mulâtre suit son père en France. Ce dernier l'inscrit à l'Ecole de Dessin de Jean-Baptiste Descamps tant les dons pour le dessin du jeune Guillaume sont grands. À 17 ans, le jeune homme devient l'élève de François Doyen, peintre du roi. Il obtient de nombreux prix qui récompensent son travail. En 1784, grâce au tableau «La Cananéenne aux pieds de Jésus», il remporte le Second Grand Prix de Rome. En 1786, il décroche son brevet de Pensionnaire à l'Académie de France à Rome où il parfait ses dons jusqu'en 1791. Peu de temps après, retour à Paris où il ouvre son atelier pour y former de nombreux élèves. Puis escapade en Espagne avec Lucien Bonaparte avec qui il partage «l'idéal républicain» pour l'aider à collecter des oeuvres d'art relatives à l'histoire. Il revient à Paris où son atelier ne désengorge pas. Deux écoles sont en concurrence : la sienne et celle de David. Dans la première, les élèves «passent pour des révolutionnaires en matière d'art», dans la seconde ils «exagèrent le classicisme de leur maître». Les idéaux politiques de ces deux grands artistes du XVIIIe siècle divergent jusque dans leur art. Suite à une rixe qui tourne mal avec des officiers, Lethière voit son atelier fermé par ordre du gouvernement et doit quitter la capitale. Avec l'appui constant de Lucien Bonaparte, son remarquable parcours et son formidable talent sont pleinement reconnus en 1807 lorsqu'il devient Directeur de l'Académie de France à Rome. Il y peindra l'un de ses plus célèbres tableaux, «Brutus »-commandé par Lucien Bonaparte-, qui sera exposé au Louvre en 1819.

Des convictions républicaines

Durant sa parenthèse italienne, la France a perdu son statut d'Empire pour redevenir une Royauté. Louis XVIII s'est sans doute souvenu des convictions républicaines du peintre lorsqu'il refuse son élection, en 1816, à l'Institut. Guillaume Guillon-Lethière y est cependant réélu en 1818 et décoré de la Légion d'Honneur la même année. Il ouvre un nouvel atelier et découvre de nouveaux talents comme Jean-Baptiste Gibert, né comme lui en Guadeloupe. Il meurt du choléra le 21 avril 1832 à l'Institut, devenu son domicile. Alexandre Dumas, autre fils de mulâtre et grand ami de Lethière, lira un éloge sur sa tombe au cimetière de Montmartre. Très rapidement relégué au rang des souvenirs, Lethière (re)conquiert depuis peu la place et les honneurs que son talent méritait. Jusqu'à présent, ses peintures ne pouvaient être admirées qu'au Louvre. Mais il siège aussi depuis peu, en bonne place, au musée Saint John Perse de Pointe-à-Pitre qui a récemment acquis l'une de ses oeuvres : «Philoctète dans l'île de Lemnos».



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