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| La Désirade cachée À bord du « Cap Janet », Captain Rozan dévoile à ses hôtes les charmes secrets de l'île de la Désirade ; des anses sauvages à l'eau translucide, accessibles uniquement par la mer.
Si les trois ingrédients, bateau, mer et soleil sont mêlés au juste moment et dans les meilleures conditions, la promenade sera un plat exquis. Le bateau « le Cap Janet », la mer, calme, et le soleil des premières heures du matin : voici la recette idéale de cette navigation côtière. Bienvenue donc à bord du « Cap Janet », un authentique bateau de pêcheur, pour une autre façon d'aborder l'île de la Désirade, de pénétrer des sites inaccessibles, et parfois même, d'être suivi par des dauphins, toujours complices et ravis d'accueillir sur leur mer les amateurs en quête d'authenticité.
suivez le guide...pour un enchantement immédiat
Dès 7h du matin, sous l'oeil attentif de Captain Rozan, marin aguerri aux caprices et aux délices de la grande bleue, on embarque à bord d'un bateau à moteur, certes un peu spartiate, le côté sportif l'emportant sur le confort. Ici, le luxe n'a pas sa place. Découverte, baignade et pied marin seront les atouts majeurs de ce circuit d'un jour. Oublié le téléphone portable, bienvenue à l'appareil photo. L'équipement du parfait plongeur amateur, palmes, masque et tuba fait partie des prestations. Le nombre restreint de participants-douze, pas un de plus-autorise une certaine flexibilité dans le choix des étapes et des activités, tributaires des conditions météorologiques. Le vrombissement des deux moteurs,150 CV chacun, ne tarde pas à se faire entendre, signal du départ imminent d'une promenade côtière qui mènera de l'Anse des Galets à la Pointe des Colibris jusqu'au village de Grande Anse en passant par la Pointe du Grand Abaque. Ces quelques kilomètres bordent deux mers différentes, la mer des Caraïbes à l'ouest, et l'océan Atlantique à l'est, rafraîchi par le souffle des alizés.
histoire d'eau... et d'île
L'île de la Désirade revêt une saveur particulière et un charme suranné. Comme toute île, elle est la mémoire de ses insulaires; un territoire de découvertes et d'histoires préservées. Administrativement reliée au continent-c'est ainsi que l'on nomme ici la Guadeloupe-la Désirade, sauvage, indomptée, mystérieuse et colorée, dans une dimension perdue dans le temps, est dotée de plages de sable blanc, de grottes, de criques et de spectaculaires rochers. Ancrée à 10 km de Saint-François, peuplée de 1620 habitants, cette terre isolée est propice aux estivants à la recherche de calme et de sérénité. Même si elle devient de plus en plus un lieu d'évasion pour les habitants de la Guadeloupe, « l'île-mère », ses habitants veillent jalousement à ne pas faire de ce coin de paradis un « must see » des guides touristiques. Une pittoresque communauté de pêcheurs, des vestiges historiques, des plages tranquilles, des criques insoupçonnables. Ajoutez-y des merveilles naturelles intactes et vous aurez une balade de grand calibre.
Le but, découvrir la côte sauvage inaccessible par la terre
Évitant les casiers à langoustes égrenés çà et là dans le port de Saint-François, la proue du bateau fendant la bise, s'engouffre bientôt dans la mer profonde. Laissant à bâbord les éoliennes tournoyant au-dessus de la plage des Rouleaux, à tribord les silhouettes de Marie-Galante et bientôt des Petites Terres, le rivage n'est plus qu'un souvenir. Bien à l'abri de l'ardeur du soleil et de l'écume des vagues, sous la grande toile de bâche, une petite heure de navigation sera nécessaire pour voir apparaître la Pointe des Colibris, première étape du circuit. Zone d'immigration des tortues, la mer y est très profonde (choix excellent et stop possible pour les amateurs chevronnés d'exploration sous-marine). L'embarcation ralentit peu après, aux Galets... Port de mouillage, le débarquement pour l'île se faisait ici autrefois. Dans l'eau translucide, on peut apercevoir au fond de vieilles ancres de marine, témoignages d'actes probables de piraterie. Pour la petite histoire, la Désirade fut en son temps un repaire pour les corsaires et les pirates. Petite faim et grosse soif se font sentir. Qu'à cela ne tienne ! Ti punch et planteurs pour les grands, jus de fruits pour les petits, et sandwiches pour tous. La côte sauvage n'est accessible que par bateau. De l'Anse des Galets, à la Pointe des Colibris jusqu'à la Pointe du Grand Abaque, ce n'est qu'un chapelet de pointes et de criques ; Pointe du Grand Nord, Pointe Kikali, Pointe à Claire, Petit et Grand Tabac, ou encore Pointe à Adrien. D'un moment à l'autre, on peut s'attendre à voir surgir le dos d'une baleine ou assister au ballet de quelques dauphins. Coup de coeur : la Pointe Kikali se dévoile, cristalline à l'aplomb d'une falaise impressionnante. C'est ici que Captain Rozan a choisi de jeter l'ancre, le temps d'une baignade attendue de tous. Les plus curieux (et téméraires) se jettent à l'eau pour gagner le rivage et tels des Robinsons, foulent le sol de la plage emprunté jusque dans les années 60 par ceux qui chargeaient et charriaient le gravier à bord de barges aux noms poétiques « Dieu Protège », « Ange des mers ». C'est à celui ou celle qui ramassera les plus beaux bois flottés, à charge de revenir avec jusqu'au bateau. La tentation est grande de s'allonger un peu au soleil mais il faut repartir. Cap sur la Pointe du Grand Abaque. Tout le long des versants escarpés subsiste le témoignage du terrible cyclone Hugo. Après son passage en 1989, toute végétation avait disparu. Elle s'est depuis reprise et le vert recouvre à nouveau peu à peu ce qui n'était que désolation. Plus loin, la Pointe de Claire, où le temps semble s'être arrêté pour ces marins-pêcheurs occupés à étendre leurs filets, juchés fièrement sur leurs embarcations multicolores. Silence, on pêche ! À eux les belles prises, espadons, thazars, thons, barracudas, carangues et bien d'autres encore. Un dernier plongeon est irrésistible pour surprendre dans les fonds sous-marins, l'intimité des poissons multicolores, le corail étoilé ou champignon, les éponges tubulaires.
Côte est métamorphose du paysage
Bientôt, c'est une forêt d'éoliennes qui recouvre le haut plateau battu par les vents. Place à la terre rouge. Le phare veille toujours à la sécurité des bateaux. À Baie-Mahault, on aperçoit les ruines de l'ancienne léproserie, d'un cimetière, de l'usine à coton, et l'ancienne station météo. Ici, la végétation est plus abondante. Protégées par une barrière de corail, les plages aux eaux cristallines s'étalent et les villages bordent la côte, le long de l'unique route de 10 km : Beauséjour, le Souffleur, Baie-Mahault et les Galets. Jamais avare pour raconter faits et légendes de son île, Captain Rozan, du lieu-dit Beauséjour raconte : « chaque année, les 16 et 17 août, les marins promènent une statue de la Vierge et la maquette d'un bateau. Après la procession et la messe, le curé bénit les flots et une couronne de fleurs est jetée à la mer, en hommage aux disparus. Cette fête revêt des allures de pardon breton, n'oubliez pas que nous sommes originaires de la Bretagne ! » Au restaurant, la cousine de Rozan sort de sa torpeur insulaire pour servir quelques accras, un court-bouillon de poissons, et pas n'importe lequel ! Sitôt le dessert englouti, on songe à repartir non sans avoir auparavant entamé une petite sieste pendant que le bateau se ravitaille en gasoil.
16h : le « Cap Janet » rejoint son port d'attache. Épuisés mais ravis, les enfants n'ont depuis qu'une idée en tête, recommencer.
CAP JANET CARASUR Infos : 06 90 30 06 63 Journée Désirade avec repas : 77*12 personnes maxi. Enfants au-dessus de 10 ans. Ti punch, planteur, jus local à gogo. Vedette de 12 mètres, 2 moteurs de 150 ch. chacun, cannes à pêche. | |||
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