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"Destination Guadeloupe" Déc Janv Févr 2008/2009 |
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Guadeloupe > Le Magazine > Présentation du n°33 > Du poste à galène à l'ère numérique, une histoire de pionniers
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| Du poste à galène à l'ère numérique, une histoire de pionniers
Si RFO fête cette année ses 25 ans, la plupart des radios et télévisions du réseau existent depuis près de 40 ans ! Retour sur les années pionnières.
La T.S.F (la transmission sans fil) a dès les années 20 ouvert la grande aventure des ondes en Guadeloupe. En 1937, le premier des pionniers, André Hann, et Roger Babin, son auxiliaire, mettent au point la première radio privée de l'archipel, Radio Pointe-à-Pitre. Privée de voix en 1939 quand la guerre éclate, elle ne la retrouve qu'en 1946. La grande histoire commence en fait dans les années 50 par le timbre de Jacqueline Baudrier devenue plus tard PDG de l'ORTF. Cette époque irremplaçable laissa place à une ère nouvelle, notamment le 22 décembre 1964 avec l'arrivée de la télévision. 1964, un cadeau de Noël sous forme d'une étrange lucarne, la télévision C'est le temps de la R.T.F, puis de O.R.T.F, en noir et blanc. Les visages de ceux que l'on entendait mais que l'on ne connaissait pas, les de Biasi, Turkhem, Métro, Bordy, Mauranyapin, Raynaud pour les plus connus, apparaissent à l'écran. Ce n'est que plus tard que les confrères métropolitains font leur apparition entre les actualités télévisées nationales, internationales et locales, les films et les émissions de variétés ou les magazines annoncés par les premières téléspeakerines, mesdemoiselles Nithila, Fanfant, Deglas, Zaccharo et des Etages. La Télévision devient alors un élément incontournable de la vie quotidienne du pays et pénètre peu à peu les foyers. Au début, rares sont ceux qui peuvent se payer le luxe de s'en offrir une. C'est ainsi que les voisins se retrouvent chez celui qui possède le précieux matériel, quand ça ne devient pas un petit commerce lucratif? Les veillées autrefois ponctuées de la voix des conteurs, puis de celle de la radio avaient lieu entre 19h et 21h autour de films, d'émissions de variétés et de magazines emblématiques comme « Cinq colonnes à la Une » et « Les coulisses de l'exploit ». La génération Miquel Morne Miquel fut le second souffle de la grande aventure des ondes. Celui de tous les corps de métiers ayant évolué « dans le sens de l'enrichissement et de la compétence, de la gestation progressive du service totalement public », comme aimait à le rappeler Henri Métro, journaliste de l'époque. Les nouvelles structures dans les locaux du morne Miquel engendrent de nouveaux services administratifs avec l'élégance des Arlette Isimat-Mirin, Margot Cairo, Christiane Candalène, Léa Sabin, ou artistiques avec Monique Petit, Jean-François Dumas et bien d'autres. On l'appelle « la génération Miquel ». La technologie, le professionnalisme et la créativité remplacent peu à peu la « bidouille » d'antan. Parallèlement, avec l'éclatement de l'O.R.T.F en 1974, les revendications syndicales aboutissent au développement des infrastructures, à la modernisation des équipements et à l'intégration des personnels. La chaîne devient alors FR3-Guadeloupe et passe à la couleur dans le courant de l'année 1978. L'année 1981 marque le temps de tous les changements politiques et avec elle la naissance de RFO En décembre 1982, la chaîne prend le nom de RFO Guadeloupe suite à la création de la société nationale des programmes RFO (Radio Télévision Française d'Outre Mer) par transfert des activités de FR3 pour l'outre mer. Lorsqu'un second canal de télévision, RFO 2, est lancé en avril 1988, elle est renommée RFO 1. En septembre 1989, l'ouragan Hugo abat l'émetteur de RFO, privant les Guadeloupéens de télévision quelques semaines. Télé Guadeloupe, la chaîne TV la plus regardée de l'île Posé sur le morne Bernard de la commune de Baie-Mahault, le siège de RFO Guadeloupe n'a aujourd'hui rien à envier aux grandes télévisions du monde. Le bâtiment en forme de tube tronqué dispose de 4200 m2 de surface abritant l'ensemble des moyens de production de Radio et Télé Guadeloupe. Média « péyi », Radio Guadeloupe propose une grille adaptée à la vie quotidienne locale, à l'écoute des communes de l'archipel. De son côté, Télé Guadeloupe, en plus de ses programmes de proximité, se distingue en jouant la carte de l'inter régionalité diffusant et coproduisant des émissions avec les stations de Martinique et de Guyane. Entretien avec Gilles Mugerin chef opérateur de son entre 1964 sous l'ORTF et 2002 avec RFO DG : Souvenirs, souvenirs, vous êtes l'un des derniers pionniers de cette histoire de la télévision en Guadeloupe. Vous souvenez-vous du premier jour d'émission ? G.M : La télévision a été inaugurée le 22 décembre 1964 sous l'égide d'Alain Peyrefitte alors ministre de l'information sous la présidence du Général De Gaulle. Les conditions de cette inauguration furent plutôt folkloriques. C'est à Magguy Nithila, la première téléspeakerine antillaise que revint l'honneur d'ouvrir l'antenne et les speakers de Radio Guadeloupe, Henry Métro ou Christian de Biasi, montrent enfin leur visage à la télévision. Ce jour-là, pour permettre la réception des images en noir et blanc bien sûr, nous avions installé tout au long de la rue Achille René Boisneuf au centre de Pointe-à-Pitre des écrans, afin que chacun puisse participer à un événement qui peut s'assimiler au Tour de la Guadeloupe tant l'ambiance était magique et féerique. DG : Techniquement, comment cela fonctionnait-il ? G.M : Les supports TV, sons et images, étaient en 16 mm et l'on recevait du 35 mm. Il fallait donc se débrouiller. On recevait les actualités non seulement avec 48 h de retard, mais en plus avant leur diffusion, elles étaient soumises à l'approbation du C.A.T, le « Centre d'actualités télévisées » du Morne Miquel qui devait juger de la pertinence d'un passage pour nos compatriotes? Les émissions emblématiques comme « Cinq colonnes à la une », « Au théâtre ce soir », « Les coulisses de l'exploit » ou « La piste aux étoiles » étaient acheminées par bateau. C'est dire la fraîcheur ! DG : Diriez-vous que vous étiez soumis à une certaine censure ? G.M : On peut le dire. La télévision a été considérée comme un cadeau fait aux Guadeloupéens avant la Martinique, il faut le souligner, par le Général. Les nouvelles locales, sujets locaux, étaient bâillonnés car pré visionnées systématiquement par le service info de la préfecture. Si d'aventure, un journaliste avait osé parler d'un sujet sans autorisation, il était tout de suite mis au banc ou réprimandé. N'oublions pas qu'à l'époque, c'était l'ORTF avec tout ce que cela comporte. Un exemple : si un communiste était invité par un journaliste, ce dernier était immédiatement viré. Il fallait aussi diffuser deux fois l'hymne national, à l'ouverture et à la fermeture de l'antenne. De même, les événements de mai 1967 ont été filmés mais jamais être diffusés. Et la liste est longue. En 1966, l'accident du Boeing 707 ; en 1976, l'éruption de la Soufrière. Les archives ont d'ailleurs disparu comme par enchantement?Le créole également était banni du vocabulaire. DG : Est-ce que cette censure s'est prolongée avec la décentralisation ? G.M : Elle a duré jusqu'à l'arrivée de la loi de décentralisation, en 1981, avec la libéralisation de l'audiovisuel. En même temps, des télévisions libres et des radios aussi bien sûr émergent en Guadeloupe. Les radios libres ont bousculé le paysage journalistique local. Tout cela a permis plus d'objectivité et RFO a profité de cette libéralisation. DG : Quelles sont les figures qui vous ont marqué ? G.M : Parmi les pionniers, et ceux qui ont permis que cette télévision existe, on peut citer les noms de M. Parize de la SOCOVI, Anselme Forestal, Alex Audinay, M. Corbin. On parlera aussi de ceux qui ont vraiment marqué cette époque tels Roger Bordy, Henri Métro, Christian de Biasi, Tony Turkhem. Tous remplacés au fur et à mesure par des journalistes venus de métropole. Ils ont tous eu le mérite de travailler dans des conditions précaires. | |||
Dossier spécial : Marie-Galante : sommaire de ce n° 33 : Éditorial : Yes, they did it !, Une transat sur un air populaire, Si l'aventure m'était contée, Un jardin exotique sous différentes latitudes (3e partie), MARIL Une artiste à découvrir, Balade au coeur d'un patrimoine naturel coloré et fruité, La table de Nina (Ex ZAGAYA), Du poste à galène à l'ère numérique, une histoire de pionniers, Le Caraib'Bay Hôtel sur la voie du tourisme durable, Portfolio : Le jardin botanique de Deshaies, Marie-Galante : Nouvelle destination touristique, Le Kawann Beach Hôtel, Les îles du monde entre les mains, Une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, La passion de la calebasse, Orfèvre de la mer, Salon, Artisanat, PATRIMOINE : Qui peut sauver l'habitation Diavet ? , MEMOIRE : L'abolition de l'esclavage aux enchères, SERVICE : Transport à la demande à Marie-Galante, CARNAVAL : Création d'un office du carnaval , 7ème ART : Basse-Terre en toile de fond d'un long-métrage , NAUTISME : Inauguration d'une base nautique à Sainte-Anne, Pour le plaisir d'un Bain de Minuit , Transat des passionnés, NOUVEAU : Une très vieille histoire de costumes, Guide Caraïbes Chic : hôtels, villas, restaurants, spas, golfs, «Rien ne sert de courir», Jardins tropicaux contemporains, Le meilleur des Antilles : Guide de cuisine, Musique : Première édition de Gwadloup'Festival , Sainte-Anne «Ville en fête et en lumières», Culture Café à la Grivelière, Musique classique : Les Nuits caraïbes, Les petites annonces, | |||
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