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Magazine 'Destination Guadeloupe' :: n°12 :: Sept Oct Nov 2003 |
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Rouler hors du tempsLe Comté de Lohéac propose une balade en carriole dans la région du Nord Basse-Terre. À l'allure tranquille d'un attelage de chevaux, on découvre la Guadeloupe d'autrefois. Le dépaysement, dans l'espace comme dans le temps, est total.
C'est sûr, il fait bon vivre sur la carriole de Daniel de Jaham. Les inconditionnels du grand frisson et les athlètes en vacances ne partiront peut-être pas au quart de tour. C'est qu'au Comté de Lohéac, foin des sauts de quinze mètres dans les canyons de Basse-Terre, des tours endiablés en quad et des raids à l'assaut du volcan. On n'est pas là pour se dépasser, mais pour prendre le temps et découvrir les paysages typiques de la Guadeloupe, entre la partie la plus ancienne du massif volcanique et la réserve marine du Grand Cul de Sac marin. Le support est à la hauteur de l'ambition : c'est sur une carriole à l'ancienne que Daniel de Jaham vous emmène à la recherche du temps passé sur la propriété familiale. Guadeloupéen d'origine martiniquaise, Daniel de Jaham est un mordu d'attelage. Pour comprendre sa visite, il faut connaître un peu l'histoire de l'homme. Dans les années 1900, son grand-père arrive d'une région très sèche de Martinique et pose le pied en Guadeloupe. Il s'extasie devant la beauté d'un terrain de deux mille hectares sur lequel courent cinq rivières et fument dix distilleries. La qualité du sol promettant un excellent rendement pour la canne à sucre, il s'y installe et prend les rênes d'une sucrerie. Les gens vous saluent Depuis, l'immense propriété a été en partie démantelée et vendue. Mais à l'endroit de la sucrerie, dans le plus gros bassin cannier de l'île, les Jaham sont toujours là et font visiter leurs terres en carriole, diligentée par deux magnifiques comtois. On grimpe donc à bord de l'hippomobile pour disparaître dans les champs de canne, bercé par le pas des chevaux qui claque méthodiquement sur les pierres du chemin. "Notre véhicule est de conception traditionnelle mais de facture moderne, faite d'un métal léger. Sur la route, la carriole est une voiture comme une autre et doit respecter ses codes, la ceinture en moins", précise notre conducteur. Le parcours varie selon la durée de la sortie, mais Daniel a ses classiques : la maison créole de la Ramée, la belle allée des cocotiers du Comté ou encore la plage des Amandiers. Un peu partout sur la route et dans les campagnes, les gens vous saluent, le spectacle de la carriole suscitant le plus grand bonheur de tous et surtout des bambins. Daniel évoque les contremaîtres d'autrefois qui se déplaçaient à cheval sur les habitations. On dressait les montures dans la mer afin de limiter leurs mouvements et d'éviter les mauvaises chutes. Il existait alors une vraie culture du cheval en Guadeloupe, qui s'est peu à peu perdue, le mulet étant plus costaud et moins vorace. Sans stress, sans fatigue On passe par les vestiges d'une ancienne habitation sucrière qui comportait un viaduc chargé d'amener l'eau, puis on bifurque vers le bord de mer. Le contraste terre-mer est fort. Dans une crique protégée, Daniel stoppe ses chevaux et organise au bon vouloir de ses passagers un déjeuner sur la plage. Tout le long de la promenade, Daniel parle des chevaux, répond aux questions des petits et des grands, explique les maisons coloniales et leur architecture. Tiens, on longe les manguiers à bonne hauteur pour tenter d'attraper un fruit ou deux ! On s'arrête pour discuter avec les gens tout en suçotant une canne fraîchement coupée. Le pas des chevaux et le roulis de la voiture bercent les bébés qui dorment tout le long de la balade comme dans un landau. "Les mamans sont contentes", sourit Daniel. Sans stress et sans fatigue, la balade du Comté de Lohéac a quelque chose d'anachronique et offre plus qu'une visite agréable : le parfum d'une époque où l'on avait le temps. Attelages du Comté de Lohéac (en sortant de Sainte-Rose, après le rond-point sur lequel trône une charrette à boeufs, continuer quelques minutes et tourner à gauche à la sucrerie). . Renseignements : 05 90 28 71 70 ou 06 90 56 61 12. Différents circuits : 1h (12 euro), 2h (22 euro), 1/2 journée (32 euro), journée entière avec repas pour six personnes au moins (62 euro). Demi-tarif pour les moins de douze ans. |
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