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| Chacun son club, chacun sa plongée ... Entre 26 et 30°C, voilà la température moyenne des eaux guadeloupéennes tout au long de l'année. De quoi faire rêver les plongeurs bretons et même méditerranéens. L'île regorge de sites superbes à découvrir sous l'aile de structures familiales, à l'encadrement personnalisé.
Des eaux cristallines aux températures de thalasso... En plein hiver hexagonal, cela laisse pensif. C'est en fait l'un des intérêts principaux pour les amateurs de plongée sous-marine, qui trouvent en Guadeloupe de quoi pratiquer leur passion quand les côtes métropolitaines sont proches de la banquise. Car les fonds guadeloupéens sont de toute beauté. Au milieu de l'arc antillais, tournée vers l'océan Atlantique et la mer des Caraïbes, la Guadeloupe est entourée de formations coralliennes denses et de récifs frangeants. En vrac, étoiles de mer, holothuries, dollars de sable, langoustes, tortues marines, raies pastenagues, éponges, gorgones et coraux en tout genre, tanches, bourses royales, mérous, perroquets, pagres, thazards, barracudas, carangues à plumes, lambis (de plus en plus rares par surexploitation) et bien d'autres encore sont autant de compagnons courants des promenades subaquatiques en Guadeloupe. Les chanceux entreverront même quelques dauphins venus les saluer.
Habituellement, quand on met côte à côte les mots «plongée» et «Guadeloupe», on pense aux fameux Ilets Pigeon ou Réserve Cousteau (l'auteur du «Monde du Silence» y conduisit brièvement une campagne de recherches sous-marines). Le site, au large de la plage de Malendure à Bouillante (en Basse-Terre), est aujourd'hui protégé. De fait, il est étonnamment riche en poissons multicolores et en coraux. Victimes de leur succès, les Ilets Pigeon ne sont pas exactement un havre de paix pour qui souhaite éviter les palmes de son voisin. Il est donc préférable de les découvrir en semaine et hors saison touristique. Le club le plus inventif en matière de plongées originales est de loin les «Heures Saines», sur le Rocher de Malendure, qui s'est donné au fil du temps les moyens de son ambition. Dans l'idée d'agrandir toujours plus le cercle des fous de plongée, le club-phare de la Côte-sous-le-Vent a créé un stage de plongée zen avec un kinésithérapeute, une initiation en douceur pour les aquaphobiques ou encore une formation à la photographie sous-marine. Le club dépasse le cadre de l'exploration sous-marine stricto sensu puisqu'il propose une sortie mémorable à la rencontre des cétacés, en association avec l'association Evasion Tropicale. C'est aussi dans la région de Bouillante que l'on trouve les épaves les plus connues, des bateaux abîmés par les cyclones, coulés volontairement à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Le Franjack, le Gustavia et depuis peu l'Augustin Fresnel sont abondamment colonisés par les poissons «de caye», que seuls les niveaux 1 expérimentés et les niveaux 2 approcheront.
De grands lagons propices aux baptêmes
À quelques milles de la Côte-sous-le-Vent, d'autres types de plongées sont à découvrir. Le Nord Basse-Terre fait fi des grandes profondeurs, avec un immense lagon classé réserve naturelle, délimité par la plus grande barrière corallienne des Petites Antilles (29 km) : le Grand-Cul-de-Sac-Marin. La biodiversité de cet espace permet d'y rencontrer la majorité des coraux et gorgones de type caribéen. La plongée-tuba y est une alternative surprenante pour ceux qui ne peuvent plonger en bouteilles. La Grande-Terre est un vaste plateau calcaire sculpté par la mer : d'impressionnantes grottes et cavités se cachent au nord de Port-Louis, avec un grand tombant de 45 mètres au large. Le Sud Grande-Terre, de Gosier à Saint-François, est en partie protégé par une barre de corail qui crée un lagon propice aux baptêmes. Les fonds sableux abritent aussi des raies pastenagues, sortie à succès de plusieurs clubs. Plus loin, les dépendances guadeloupéennes offrent le choix et la richesse de leurs reliefs sous-marins. Dans les îles du Nord, Saint-Martin compte beaucoup d'épaves, du vieux galion brisé sur les récifs au bateau moderne sabordé pour les plongeurs. Mais le grand frisson, ce sont les requins qui environnent l'île et que l'on peut approcher sans danger sur un site bien spécifique.
Le Sec-Pâté, la plus belle plongée de Guadeloupe
La Désirade possède des fonds sublimes encore peu fréquentés du fait d'un accès et d'un mouillage difficiles. Pour les plongeurs de niveau 1 confirmé, «Saint-François Plongée» organise à la carte des week-ends ou des journées à la Désirade. On peut s'attendre à rencontrer des requins dormeurs, tapis dans de grands goulots rocheux. Côté mer des Caraïbes, Marie-Galante a beau être l'île de la canne, c'est aussi une île de pêcheurs, entourée d'un haut-fond calcaire qui favorise la pose massive de nasses. Les sites de plongée ne sont donc pas aussi poissonneux qu'ailleurs. Néanmoins, l'atmosphère intimiste, la beauté des éponges très colorées et des coraux attirent de plus en plus d'amateurs qui en profitent pour découvrir «l'Ile aux Cent Moulins». Depuis quelques années, la protection effective des tortues marines en a fait une région de ponte privilégiée. Selon des témoignages, elles se seraient presque sédentarisées dans la zone. Il est donc fréquent d'en croiser, au détour d'un corail-dentelle rose ou d'une éponge-barril. À Marie-Galante, la Côte-sous-le-Vent est protégée des fortes houles du littoral oriental. Dans la baie de Saint-Louis, on plonge sur environ quatre kilomètres de tombant corallien, un formidable terrain d'exploration de jour comme de nuit. Sur la plage du bourg, la petite case en bois bleu et blanc du club de plongée saute aux yeux. «Man Balaou» propose des prix très intéressants, mais c'est surtout pour l'ambiance chaleureuse et pour le luxe d'avoir (souvent) un moniteur par personne qu'on revient chaque année plonger sur les mêmes sites. Quant à l'archipel des Saintes, il offre la plus belle plongée de toute la Guadeloupe : le Sec Pâté. Injustement, les deux grands pitons pointant à quinze mètres de profondeur et piquant jusqu'à 300 mètres sous la surface ne dévoileront leur splendeur qu'aux plongeurs confirmés, de niveau 2 minimum. Sur les autres sites de l'archipel saintois, on trouve en pagaille canyons sous-marins, éboulis rocheux, grottes ou pâtés coralliens, avec une forte probabilité de croiser des bancs de poissons bariolés. | |||
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