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Magazine 'Destination Guadeloupe' :: n°31 :: Juin Juill Août 2008 |
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Environnement : L'autonomie énergétique à l'horizon 2020La Région Guadeloupe tente de tout mettre en oeuvre pour relever le défi : atteindre l'autonomie électrique d'ici 2020. Pour y parvenir, elle multiplie les actions en faveur des énergies renouvelables. Les campagnes de sensibilisation en direction des acteurs politiques, économiques mais aussi des consommateurs sont impératives dans cette course contre la montre.
Le développement des énergies renouvelables en Guadeloupe est l'une des priorités de la Région Guadeloupe qui s'est fixée l'objectif d'atteindre l'autosuffisance énergétique à l'horizon 2020. Un « Plan Régional des Energies Renouvelables et de l'Utilisation Rationnelle de l'Energie » (PRERURE) a donc été adopté fin 2007. Ce document fait état d'une situation énergétique plutôt satisfaisante localement. Car les besoins couverts par les énergies renouvelables (énergie solaire, hydraulique et bagasse) sont très nettement supérieurs à ceux de métropole. Cependant, afin de pallier l'augmentation de la demande en énergie très importante du fait des besoins croissants des entreprises et de la population locale, le PRERURE propose d'aider à la mise en place d'équipements de production électrique à base d'énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque notamment) et de favoriser les matériels utilisant des énergies renouvelables en substitution de l'électricité (chauffe-eau solaires) Mais tout n'est pas simple. Et même si la Guadeloupe est en avance dans la production d'énergie propre, un développement accru est incertain. Les sites géothermiques de Bouillante 1 et 2 contribuent pour environ 5 % à la consommation électrique de l'île. Cette filière possède de nombreux atouts : absence de rejet atmosphérique, taux de disponibilité de 80 à 90 %-le plus élevé des énergies renouvelables-, indépendant des conditions climatiques. Son coût revient à 6 centimes de moins que la filière classique ; le kWh produit est vendu 8 centimes d'euro à EDF. L'idée d'un projet Bouillante 3 en phase de recherche est estimé à 30 MW et semblerait aller de soi. Néanmoins, deux contraintes certaines doivent être surmontées. D'une part, existe un risque géologique important, l'extraction nécessitant la réalisation de forages aux résultats parfois aléatoires. D'autre part, le problème du rejet des eaux dans la mer devra être résolu. Somme toute, si la technologie est maîtrisée et permet de garantir une production constante, la filière géothermique de Bouillante devrait trouver toute sa place dans le bouquet énergétique de la Guadeloupe. À long terme et dans ce scénario, le nombre d'heures de fonctionnement devrait atteindre 7500 heures contre 5200 actuellement. Or, l'investissement apparaît pour l'heure plutôt risqué économiquement, même si les lenteurs administratives semblent en fait les principaux obstacles à sa réalisation... En clair, Bouillante 3, ce n'est pas pour sitôt ! Ce projet inspire cependant les autres îles des Caraïbes ; c'est notamment le cas de la Dominique qui possède un gisement géothermal très prometteur. À terme, la Région projette de s'y intéresser, un objectif de longue haleine encore trop hypothétique. L'énergie éolienne, le vent en poupe ? Le gisement éolien se situe principalement en nord Grande-Terre. Le Parc national, site ultra protégé et protecteur, verrouille ses accès et la perspective de voir des éoliennes dans le Sud semble bien compromise. Cependant, les progrès rapides de la technologie, l'augmentation de la puissance des éoliennes anti-cycloniques, l'amélioration de la qualité du courant injecté au réseau et celle des prévisions météo devraient faciliter le développement de cette filière. Les développeurs prévoient un accroissement de 7 à 8 MW par an. Cette filière se heurte elle aussi à des contraintes d'ordre administratif, de limitation du réseau électrique, de concertation entre les partenaires, politiques, associatifs, riverains, communaux et de surface disponible. Visiblement, au niveau de l'éolien, la partie n'est pas non plus gagnée. L'énergie hydraulique : les pieds dans l'eau Principalement situés en Basse-Terre, les acteurs de la filière ont six projets totalisant 10 MW dont un sur le Parc national de 4,5 MW. Là aussi, l'avis négatif du Parc priverait de moitié le potentiel de développement de cette filière. D'importants projets de barrages ont vu le jour qui permettraient de dépasser aisément le seuil de production des 21 % nécessaires d'énergie renouvelable. Le montant des investissements et les conséquences écologiques sont telles, que ce scénario est inenvisageable. Le solaire photovoltaïque Il a permis d'électrifier des sites non raccordés au réseau de distribution d'électricité. La puissance photovoltaïque installée en raccordé au réseau est selon l'ADEME de 4 MWc avec plus de 400 installations (dans le tertiaire, l'habitat collectif et les centrales au sol). Les sites isolés (les particuliers) représentent plus de 4 000 installations avec un peu moins de 3 MWc installé. Ce dernier marché est en nette diminution depuis 2002 ; celui du réseau raccordé est impulsé par des avantages fiscaux et de substantiels tarifs de rachat. Ce qui permet d'espérer à l'avenir une réelle explosion de la filière. Le principal segment concerne la location de toiture à destination des entreprises qui défiscalisent : Apex BP Solar, Tenesol et Solar Electric. Ces solaristes annoncent des puissances installées de l'ordre de 5MWc par an, qui démontrent une forte volonté d'investir. Les toits des patrimoines des collectivités, des logements collectifs, des entreprises privées et de l'habitat privé sont particulièrement ciblés. Mais dans un contexte de rareté foncière, la vigilance est de mise sur ces possibilités. Pour autant, la PPI, programmation pluriannuelle des investissements, table sur un potentiel de 120 MWc d'ici 2015 soit 1/3 de la puissance totale installée pour une contribution de 7 % dans la production électrique. Aérowatt et Apex BP Solar travaillent sur des projets spécifiques comme celui visant à équiper, sur la commune de Deshaies, une serre agricole de six hectares de panneaux solaires produisant environ 6 MWc, soit la consommation d'énergie diurne des communes de Deshaies et Pointe-Noire réunies. L'intérêt de cette filière semble indéniable, très favorisée fiscalement et simple à mettre en oeuvre. Avec un ensoleillement important équivalant à plus de 1300 h à 1000W/m2, elle permet de contribuer à la pointe de consommation du matin (avec 10 %) mais pas à celle du soir. Ici, le frein réside surtout dans le fait que le matériel est importé contrairement aux chauffe-eau solaires. Ses atouts sont aussi susceptibles de devenir contraignants car très dépendants des aides. Malgré tout, la Guadeloupe se positionne comme une vitrine de l'industrie française du photovoltaïque (1). Le solaire thermique est mis à contribution Quelque 24 000 foyers sont alimentés en eau chaude par l'énergie solaire. L'idée de départ était d'alimenter des sites isolés. Mais ces installations peuvent également être branchées sur le réseau EDF, avec le double avantage pour les propriétaires de maisons ainsi équipées de pouvoir revendre au réseau l'électricité produite en excédent et d'être à l'abri des coupures de courant. Les principaux installateurs de la Guadeloupe (Giordano, BP Solar, Blandin Solarinox et Solar electric) installent environ 2000 chauffe-eau solaires par an en moyenne. Pour atteindre l'ambitieux objectif de 75 % de chauffe-eau solaire d'ici 2020, ce développement demande une forte implication des acteurs de la filière. Or, les solaristes semblent plutôt tournés vers le photovoltaïque raccordé au réseau EDF. Cet enjeu majeur et cet objectif seront difficiles à atteindre sauf politique très incitatrice. Il faut en effet 4 à 5 m2 de capteurs photovoltaïques pour produire autant d'énergie qu'un seul mètre carré de capteur solaire thermique. Le marché est donc beaucoup plus juteux ! (1) Pour info : coût d'une installation raccordé réseau : 7e/Wc et en site isolé : 18 à 20e/Wc LE PRERURE LA LOOM, loi d'orientation pour l'outre-mer du 13 décembre 2000 prévoit dans son article 50 l'élaboration, l'adoption et la mise en oeuvre par chacune des régions d'outre-mer d'un « plan énergétique régional pluriannuel de prospection et d'exploitation des énergies renouvelables et d'utilisation rationnelle de l'énergie (PRERURE). Ce plan énergétique définit sur 25 ans la politique régionale de demande et d'offre énergétique, centrée sur l'amélioration de l'efficacité énergétique et la valorisation des énergies renouvelables. Objectif : atteindre l'autonomie énergétique à l'horizon 2020. La distillerie Bologne, producteur d'énergie Depuis 2006, la distillerie Bologne située sur la commune de Baillif a entrepris une modernisation de ses installations. Coût de l'opération, 7 millions d'euros dont 40 % financés par l'Europe et 20 % par la Région. Ces investissements feraient de Bologne la distillerie la plus moderne des Antilles en fournissant à la collectivité 70 000 kw par semaine, soit la consommation électrique de quelque 80 foyers. |
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