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"Destination Guadeloupe" Déc Janv Févr 2007/2008



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Hébergement : Et si c'était le Paradis ?
Il y a 30 ans, Emmanuel et Maryse Gombaud-Saintonge ont eu un coup de coeur pour ce domaine, sur les hauteurs de Baillif, à mi-chemin entre ciel et terre. Ils y ont bâti leur villa et treize gîtes. Aujourd'hui, c'est Ludovic leur petit-fils qui a repris les rênes de l'activité avec la même convivialité, le même désir de faire plaisir, pour que le nom de Paradis Tropical ne soit pas qu'une appellation.

Ludovic de Poyen Bellisle vient tout juste de prendre la suite de son grand-père, Emmanuel Gombaud-Saintonge, même si l'ombre du patriarche plane toujours sur le domaine qu'il a façonné de ses mains, il y a maintenant plus de 30 ans. Le Paradis Tropical est un complexe de 13 gîtes basé sur les hauteurs de Baillif. Ludovic ne souhaite pas bouleverser une formule qui marche mais il a bien l'intention d'apporter sa touche personnelle notamment sur le plan de l'esthétique en illuminant les bungalows aux couleurs pastel des Caraïbes. Petit à petit, Il remplace le classique mobilier par un choix plus contemporain.

Le domaine surplombe le bourg de Baillif, les terres de la rhumerie Bologne, les champs de canne, pour atteindre les portes du chef-lieu, et par-delà l'urbanisation, tutoyer la mer des Caraïbes en reflet permanent avec l'immensité du ciel. La terrasse de chaque bungalow offre une vue à 180% sur ce panorama. Le concepteur du projet a eu la bonne idée de construire ces gîtes en escalier, de sorte qu'aucun vis-à-vis ne vienne gâcher ce ravissement paysager. Une table, quelques chaises, un parasol, un livre passionnant, une boisson rafraîchissante, un coucher de soleil à l'horizon et c'est réellement le paradis tropical. Un nom que le créateur a «pêché» lors d'un voyage à Antigua dans les années 80. Île anglophone oblige, il s'agissait alors de «Tropical paradise» francisé pour l'occasion.

Des bungalows en totale autonomie

Treize bungalows, huit F2 de 30 m2 pour deux adultes et deux enfants avec une même superficie de terrasse et cinq F3 de 50 m2 avec des terrasses de 30 m2. Chacun d'eux porte un nom de fleur ou de fruit. Tous sont pourvus d'une cuisine aménagée, d'un salon, d'une salle de bain et d'une ou deux chambres avec télévision, téléphone et désormais wifi. Dans le salon et la chambre, un double équipement, climatiseur et ventilateur. Il y a aussi la possibilité pour cinq euros de plus par semaine de bénéficier d'une machine à laver. Enfin, pour les inconditionnels de la grillade, Ludovic met volontiers un barbecue à disposition. Deux des treize gîtes ont été construits de plain-pied notamment pour permettre l'accès aux personnes handicapées moteur. À l'arrivée, quelques attentions comme une corbeille de fruits du domaine, un bouquet de fleurs tropicales et une petite bouteille de punch aux fruits.

L'accueil, un savoir-faire

Sur cet espace d'un hectare et demi, un parc magnifique invite à la découverte des espèces endémiques et pour la plupart en voie de disparition. Se côtoient les fleurs d'alpinias, de mussenda, l'anacardier, le bananier, le papayer, le pomme malacca, le corossolier, le raisinier bord de mer, le sapotillier, l'avocatier, et d'autres espèces beaucoup plus rares comme l'icaque, le noni, le jacquier, le bilimbi, l'aloès et autres plantes médicinales mises en terre il y a fort longtemps par le grand-père de Ludovic. Lequel avec les années reste convaincu que cet endroit est béni des dieux. La relation est toujours aussi sincère entre le fondateur et ses clients dont beaucoup sont devenus des amis. D'ailleurs, certains reviennent en ces lieux chaque année depuis dix ans. Ludovic veut naturellement préserver cette clientèle, mais souhaite aussi attirer de jeunes gens et plus d'Européens. Il parle couramment l'anglais et serait ravi d'accueillir des clients d'origines diverses. Et le voilà revenu à ses premières amours. Il a en effet suivi une formation dans le secteur du tourisme, a participé à de nombreux salons et s'est frotté à l'événementiel pendant son séjour à Paris. Depuis son retour en Guadeloupe, il a su créer des partenariats avec les offices de tourisme et n'a pas son pareil pour conseiller ses clients sur les diverses activités proposées sur l'île. Il possède aussi la liste des meilleurs restaurants de la région et renouvelle sa sélection chaque mois. Il est vrai qu'il est féru de cuisine. Il envisage d'ailleurs d'ouvrir une table d'hôte sur le site, mais pour le moment, les dégustations maison se font autour du pot d'accueil. Et une fois encore les grands-parents sont appelés à la rescousse. Maryse aide son petit-fils au service, et Emmanuel se charge avec bienveillance de l'animation. Ludovic pendant ce temps finit de préparer les accras, les boulettes de féroce-une originalité de la maison-et autres spécialités locales comme le punch aux fruits. Pour Emmanuel, c'est un plaisir de partager ce breuvage dont il est l'artisan. Certaines soirées se finissent d'ailleurs fort tard. Certains les concluent dans la piscine, au son des grenouilles, dans la torpeur des nuits caraïbes.

Des pionniers de l'hébergement

Maryse et Emmanuel Gombaud-Saintonge sont mariés depuis plus de 50 ans. Leurs ancêtres débarquèrent sur ces terres à la fin du XVIIIe siècle. En 1974, ils achètent ce terrain à Baillif et achèvent la construction de leur villa en avril 1976. Quatre mois plus tard, la famille est obligée d'évacuer la zone. Le volcan la Soufrière montre des signes évidents de réveil. Comme la grande majorité des Basse-Terriens à l'époque, les époux Gombaud-Saintonge relancent leur activité commerciale sur la Grande-Terre où ils s'installent pour huit ans. Leur fille Martine occupe la dépendance de la villa à Baillif avec son époux jusqu'au retour de ses parents en 1986. La vie reprend son cours, jusqu'au jour où le président de l'office de tourisme de Basse-Terre, excellent ami d'Emmanuel, lui suggère de monter des gîtes. Nous sommes en 1988 et sur cette partie de l'île, l'idée était tout à fait novatrice. Emmanuel se lance alors dans la construction de deux hébergements et s'inscrit aux gîtes de France. C'est le succès. Il les agrandit et en construit quatre autres au début des années 90 pour aboutir aux treize actuels. Emmanuel a réalisé lui-même une grande partie des travaux, tout à la fois architecte, entrepreneur et surtout manoeuvre. Le couple a durant toutes ces années géré entièrement le site, s'occupant du suivi des réservations, de l'entretien des bungalows, du jardin, de l'accueil... Pour finir par souhaiter vendre l'ensemble et profiter d'un repos bien mérité. De nombreuses propositions leur ont été faites sans jamais aboutir. À cette même période, Ludovic vient d'obtenir son BTS tourisme et rentre en Guadeloupe. Les deux hommes commencent à évoquer l'idée d'une reprise de flambeau et relèvent le défi de la succession.

Couverture du n° : 29 Une nouvelle vie au soleil
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