Le
musée des
cétacés « Balen ka
souflé » est certes
petit mais
riche dans sa
présentation des mammifères
marins et des
tortues de
mer. Il est surtout animé par
deux passionnés
Caroline et
Rénato Rinaldi qui
depuis des
années étudient le comportement des cétacés et se battent pour la
création d'une
réserve dans la
Caraïbe.
Sur la route de Bouillante, au lieu-dit Malendure, face à l'océan, le musée des cétacés. Créé en 2001, ce lieu est d'abord et avant tout le repère de passionnés. A l'origine de cette rencontre avec les mammifères marins, l'association Evasion Tropicale créée en 1992 dont l'objectif premier reste l'étude des comportements de ces géants des mers. A longueur d'année, Caroline et Rénato Rinaldi décryptent le comportement des cachalots, baleines, tortues de mer en zone Caraïbe. Ils recensent toutes les espèces qui croisent leur route comme les baleines à bosse, nombreuses dans les environs entre décembre et mai avant de partir vers Boston, au moment des beaux jours. Elles descendent dans nos eaux chaudes pour la reproduction et la mise bas. Dans l'enceinte du musée sont exposées des reproductions de tortues grandeur nature, qui suscitent l'admiration des scolaires qui ont pris l'habitude de venir déambuler dans ces lieux. Il est toujours impressionnant de découvrir des vertèbres de mammifères marins, des tronçons de mâchoires, une tête de cachalot, un morceau de squelette de baleine à bosse ou une colonne vertébrale de baleine à bec de Gervais. Cette dernière est en voie de disparition mais affectionne les mers tempérées de la Caraïbe. Le visiteur trouvera en ces lieux de nombreuses informations sur le concept de l'écotourisme baleinier. Des films sont projetés sur la vie des cétacés dans leur milieu naturel. En juin, l'association va faire l'acquisition de casques permettant d'entendre les cachalots communiquer entre eux. Les époux Rinaldi ont aussi l'intention d'agrandir leur musée avec un espace spécialement dédié aux tortues et un autre aux dauphins, et de créer à l'extérieur un espace enfant avec des jeux ludiques destinés à les intéresser au monde de la mer. un projet de sanctuaire
Sur les panneaux dédiés au grand cachalot, espèce emblématique de la Caraïbe, le visiteur apprend que cet animal vit dangereusement. Il a pour habitude de faire le va-et-vient entre la Guadeloupe et la Dominique, un territoire qui soutient l'activité de la chasse baleinière comme Sainte-Lucie, Saint-Vincent, les Grenadines. Dans nos eaux, ces cétacés sont protégés et il est possible de les apercevoir dès 4 milles (10 km) des côtes, notamment les dauphins. « Ils peuvent aussi circuler en paix dans les eaux de Montserrat et des Iles vierges, commente Caroline Rinaldi, deux territoires qui souhaitent s'associer au processus de création de sanctuaire dans leurs eaux territoriales, au grand regret des Japonais ». En effet, si le musée reste la partie immergée de l'iceberg, au-delà de cette présentation, l'association s'engage de diverses manières et notamment sur un projet de création de sanctuaire baleinier. Il s'agirait d'ouvrir une grande réserve en Guadeloupe et en Martinique, mais pas seulement. Cette idée fut pour la première fois émise lors d'un colloque en 2000, avec les premières initiatives en matière d'écotourisme baleinier. Un projet qui s'est traduit en Guadeloupe par l'élaboration d'une charte, validée en 2002 par les acteurs professionnels de la mer et les autorités guadeloupéennes en même temps que naissait l'association Carib Whale. Elle regroupe tous les opérateurs qui participent à la protection des cétacés dans la Caraïbe. Grâce à cette mobilisation, Carib Whale récoltait l'an dernier 10 000 signatures en faveur de la création de ce sanctuaire. 2002 fut aussi l'année de création d'un comité de suivi et de concertation destiné à contrôler le développement de l'activité « découverte des cétacés » à destination du grand public. Il s'agit notamment d'appliquer une charte de bonne conduite comme le recrutement d'un skipper formé à l'approche des cétacés, un équipement spécifique à bord, et la présence d'un guide spécialisé. « L'objectif étant que tous les opérateurs, poursuit Caroline Rinaldi, aient la même éthique et le même respect des animaux. La charte interdit notamment la mise à l'eau avec les animaux, elle assure la sécurité des passagers qui viennent à la rencontre des cétacés et évite un développement incontrôlé de ces activités ». L'association Evasion Tropicale fait régulièrement parvenir le résultat de ses recherches et de ses études sur les tortues marines et les cétacés au ministère de l'écologie et à la commission baleinière. Les époux Rinaldi passent en moyenne six heures en mer quotidiennement et proposent aux visiteurs de les accompagner à la découverte de ces mammifères marins géants. Une excursion à la rencontre des baleines, dauphins et autres cétacés, mais aussi des tortues qui sont nombreuses à fréquenter le littoral de la Côte-Sous-le-Vent.
Musée Balen ka souflé :
- Rue des Palétuviers
- 97125 Bouillante
- Tél.: 05 90 92 74 24
- Port : 06 90 57 19 44
- E-mail : evastropic@wanadoo.fr
- Le musée est ouvert tous les jours de 8h à 18h.