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Couverture du n° : 36 Vacances Zen, offrez-vous une balnéo nature

Le Grand Etang un sentier de petite randonnée pour une belle leçon de choses

Le Grand Etang, que les Indiens caraïbes nommaient « la Grand'eau de la montagne », est le plus vaste du massif montagneux de la Basse-Terre. Profond de 10 mètres environ, il étale ses eaux à 400 mètres d'altitude sur quelque 10 hectares. Déjà en 1863, Armand Budan dans « La Guadeloupe pittoresque » le décrivait ainsi : « On est frappé en entrant dans cette solitude du caractère de grandeur dont elle est empreinte, comme du charme et du sentiment de tristesse qu'elle inspire... Le silence absolu n'est pas pour peu de chose dans l'étrangeté de l'impression qu'on y éprouve. »

Il y a plus de 10 000 ans, le Grand Etang est né d'une dépression naturelle créée par les coulées de lave de la Madeleine et du Morne Boudoute. Grâce à son étanche soubassement argileux, elle se remplit d'eau. Avec l'érosion, le Grand Étang se comble des matériaux des versants qui le dominent et des formations végétales le recouvrent entièrement. Situé dans une cuvette, il est alimenté par le ruissellement convergent de son bassin versant. L'eau provient essentiellement de trois ravines, dont une prend naissance à l'étang de l'As de Pique à 700 mètres d'altitude.

La route qui mène au Grand Étang est très simple. Après avoir roulé sur la N1 en direction de Capesterre, on emprunte la D4 à droite si l'on arrive de la Grande-Terre, à gauche, de la Basse-Terre. Un fléchage indique clairement les Chutes du carbet puis le Grand Étang. Au bout d'une centaine de mètres, on traverse un joli hameau ; les palmiers royaux, les arbres à pain et les alpinias se succèdent sur cette route sinueuse et assez abrupte qui débouche sur la forêt tropicale. Les bambous géants augurent de l'humidité qui règne dans les hauteurs. Encore un petit quart d'heure et l'on se gare sur le parking. Il faut jeter un coup d'oeil sur le panneau d'informations du Parc national de la Guadeloupe pour découvrir que l'itinéraire est balisé en jaune, signe de petite randonnée. Il est dit facile d'accès, sans danger, sans difficulté, hormis quelques passages pouvant être glissants. Rassurés, on emprunte alors le chemin de gauche sur 300 m environ, la route à droite menant elle aux Chutes du carbet. Deux façons d'aborder le Grand Etang s'offrent à nous. En optant pour le sentier de droite, on commence par le panneau 17 ; peu importe, on retombe toujours sur le départ.

La diversité du sous-bois tropical

Prudence oblige. Equipés de bonnes chaussures de randonnée, un répulsif anti-moustiques, un bon litre d'eau et quelques amandes dans le sac à dos, on s'enfonce alors dans la forêt tropicale humide et très dense. Les fougères arborescentes en forme de palmier semblent dépasser cinq mètres de haut. La Guadeloupe est d'ailleurs l'une des rares régions du monde à en posséder et à les protéger. Attention, de nombreuses épines très cassantes peuvent piquer et rester sous la peau !

En contrebas, les chants des oiseaux sont les seuls éléments perturbateurs de silence. Les poules d'eau s'en donnent à coeur joie ; d'autres volatiles nagent et attrapent leur proie sous l'eau comme le grèbe à bec bigarré. Quant au balbuzard pêcheur, il repère un poisson en volant et pique dans l'étang pour s'en saisir. De ravissants colibris apprécient particulièrement les fleurs des « Pom woz » (jambosiers) qui cernent l'Étang. Sur le chemin récemment rénové, des caillebotis sont les bienvenus offrant un peu de repos aux jambes très sollicitées entre pentes et côtes. Quelle beauté ! On revient vite à la terre ferme, contraints de détourner nos pas à l'approche d'une sacrée curiosité, les arbres à contreforts. Dans ce sol peu profond et souvent argileux, ces géants de la forêt sont impressionnants par leur hauteur. Le tronc, ses contreforts et les racines qui les prolongent forment de véritables sculptures, Comme des jardins suspendus, des plantes épiphytes se fixent sur leur base. Une forte odeur de térébenthine attire notre attention. Elle provient de la résine des gommiers blancs dont on fait de l'encens.

Des jeux d'eau et de lumière

Au panneau 15, l'observatoire ornithologique oblige à une pause où le silence est d'or. Il s'agit de ne pas effrayer les oiseaux qui s'approchent facilement de cet ouvrage en bois où des panneaux répertorient la faune avicole spécifique à ce lieu.

En le quittant un peu à regret, pour circuler, il faut se servir des énormes racines qui font office d'escaliers. Cette omniprésence des racines superficielles trahit un sol jeune et superficiel à trois niveaux. Un premier est constitué par la litière issue des feuilles des arbres, un deuxième par l'humus organique résultant de la décomposition de la litière par des insectes et champignons décomposeurs et un troisième par la terre, en partie transformée en éléments minéraux. En descendant, le bruit de l'eau se fait pressant et un passage à gué révèle à droite la présence d'une cascade, une de celles qui alimentent l'étang en continu. Un ruisseau se fraye un chemin dans la forêt quelque peu éclaircie comme une fenêtre vers le ciel. Contrastant avec les sombres sous-bois de la forêt dense, ce lieu enchanteur, ouvert, animé par les jeux de lumière et le bruit de l'eau apparaît comme un havre de paix. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Lianes et racines aériennes omniprésentes forment un entrelacs de « cordes » qui se confondent, obligeant le promeneur à s'y frayer un passage. Les lianes pour trouver la lumière du soleil grimpent aux arbres et se prolongent jusqu'à la canopée. On peut désormais faire la différence entre les racines et les lianes : qui dit feuilles dit liane, les racines, elles, en sont dépourvues.

On débouche sur l'autre rive

Au milieu d'arbres déracinés par les dernières pluies, on traverse encore deux ruisseaux avant d'arriver (enfin !) sur le plat. Pas pour longtemps, la lumière s'assombrit et plus bas on aperçoit nettement le contour du Grand Étang. Entre le reflet des feuillages et la brise rafraîchissante qui dessine des vaguelettes, c'est tout simplement ravissant. Sur cette rive, la très forte pente (parfois supérieure à 40 %) est la cause de glissements de terrain sous forme de coulée. La forêt devient marécageuse. Sous un petit pont de pierre, l'eau coule à l'inverse du sens des petites cascades et ruisseaux qui l'alimentent, signe de l'évacuation du trop plein de l'étang en période de crue. C'est par cet exutoire que les eaux du Grand Etang donnent naissance à la rivière Bananier. Par hautes eaux, le niveau du Grand Etang affleure le petit barrage qu'on peut apercevoir en franchissant la passerelle. Plus que quelques mètres et on traverse un autre pont qui mène au niveau de l'étang.

Au bord du Grand Étang

Le paysage change, la flore est tout autre. On admire le palétuvier jaune atteignant 30 mètres de haut et dont la base est munie de nombreuses racines échasses arquées s'enfonçant dans le sol, le pom woz ou jambosier assez envahissant et les immenses joncs qui ceinturent l'étendue d'eau... À moins d'y pénétrer, ce qu'il ne faut pas faire, on devinera la faune qui la peuple, composée de tilapias, sangsues et ouassous de grande taille. Au fond, des zones herbacées recouvrent les fonds vaseux.

En comptant les nombreuses pauses, cette promenade de deux heures environ sans être de tout repos s'avère très instructive, passionnante et enchantée.



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