Éditorial : 76 % des espèces de la grande Caraïbe menacées de disparition
Plus de 70 % des 80 millions de résidents de la Caraïbe vivent sur les zones littorales. Une grande partie de leur économie dépend des ressources côtières, notamment en ce qui concerne le tourisme et la pêche. Soumises à une très forte pression humaine, les ressources naturelles de cette zone géographique, dont la faune et la flore représentent la plus importante biodiversité du bassin atlantique, se fragilisent et disparaissent de façon inquiétante 76 % des espèces de la grande région Caraïbe sont en effet menacées par la modification ou la disparition de leurs habitats, par l'aménagement systématique et anarchique de la bande littorale, sa sur-exploitation, la pollution et autres dégradations. Une enquête réalisée en 1994 estimait qu'environ 35 % des stocks de poissons étaient surexploités. Dans la région, 22 % des récifs coralliens étaient déjà perdus et un plus grand nombre encore était menacé. La Convention de Carthagène, signée le 24 mars 1983 par les pays de la Caraïbe, est le seul traité régional concernant l'environnement qui protège les écosystèmes marins et côtiers. Cette convention décline trois protocoles, dont le protocole SPAW (Specially Protected Areas and Wildlife) qui a pour objet la protection, la préservation et la gestion durable des zones présentant une valeur environnementale particulière, ainsi que des espèces animales ou végétales menacées ou en voie d'extinction. Des experts désignés par les pays signataires et les organisations internationales impliquées dans ce programme se sont réunis en Guadeloupe en avril dernier. Objectifs : évaluer, sélectionner et établir une liste des espaces protégés de la Caraïbe. Les documents issus de cet atelier devront être validés d'ici la fin de l'année. Encore faudra-t-il que les principes édictés soient respectés. Car si un peu plus de 300 aires protégées ont été déclarées ces vingt dernières années, 30 % d'entre elles seulement sont correctement gérés.
Sophie Vermande / Rédactrice en chef
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