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Magazine Destination Guadeloupe - N°13 - Déc Janv Févr 2003-2004


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Couverture du n° : 13 Les Saintes intimes

Le dernier fabricant de salako

Le salako est apparu aux Saintes au 19e siècle. On ne le trouve plus aujourd'hui que sur la tête de quelques pêcheurs et dans les boutiques de souvenirs. Pour combien de temps encore ? Car ils ne sont plus que quatre ou cinq, tous demeurant à Terre-de-Bas, à savoir encore fabriquer le «chapeau saintois».

Ariste Beaujour a 79 ans. Né à Terre-de-Bas en 1924, il a résidé sur cette petite île qui compte aujourd'hui quelque 1300 habitants ˜ moins de 1000 selon les Saintois ˜ la plupart de sa vie. Comme la majorité des habitants de Terre-de-Bas, Ariste était pêcheur. Aujourd'hui, pour tuer le temps, il fabrique des salakos, ce petit chapeau plat aux larges bords qui ne se voit plus aujourd'hui que dans les boutiques de souvenirs et sur la tête de quelques pêcheurs. Le «chapeau saintois», contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne vient pas des Saintes. Il y est vraisemblablement arrivé à la fin du 19e siècle et n'a semble-t-il jamais vraiment conquis la population qui lui préférait le chapeau de paille. La tradition orale locale veut que le salako ait été rapporté d'Asie du Sud-Est par un officier de marine en provenance d'Asie. Ce qui est sûr, c'est que les officiers d'infanterie de la marine française basés au Tonkin en 1873 portaient un «salacco» dont la forme est très proche de celui des Saintes. Autre hypothèse avancée : des Annamites de Cochinchine condamnés pour rébellion furent transportés en Guadeloupe où ils devaient contracter un engagement de travail de cinq ans. Ces Annamites ne furent que quelques centaines et ne restèrent que le temps d'un contrat. Mais il semble qu'une partie d'entre eux soient restés aux Saintes, en particulier à Terre-de-Bas pour faire fonctionner la poterie et s'adonner aux travaux agricoles. Ceci expliquerait la présence sur l'île de bambou et l'habileté des artisans de Terre-de-Bas à fabriquer le salako. L'origine du mot confirme en tout cas que le «chapeau saintois» vient bien d'Asie, plus précisément, de l'île de Luçon, aux Philippines, où le mot «salacco» désigne un «casque au large bord utilisé comme couvre-chef, fabriqué à partir de matériaux naturels».Ils ne sont plus que trois ou quatre aujourd'hui dans tout l'archipel des Saintes à maîtriser encore cette technique de fabrication. La matière première est constituée de l'écorce du bambou coupée en longues lamelles qui sont ensuite taillées en petits morceaux d'une vingtaine de centimètres. Ces petits bouts sont ensuite taillés en forme de pointe afin d'être piqués sur un morceau de bois «mamin», aussi léger qu'un bouchon de liège. Le tour de tête est quant à lui tressé, toujours en bambou, comme les nasses de pêcheurs. C'est à l'âge de 15 ans, lorsqu'il était scout, qu'Ariste apprend à tresser les salakos. Mais ce n'est qu'à la retraite qu'il commence à les fabriquer. «Il faut avoir de la patience, sinon on laisse tout tomber», explique Ariste concentré sur son ouvrage. «Il faut environ cinq heures pour fabriquer une pièce». Les fines tiges de bambou plantées dans le bois mamin sont attachées avec du fil nylon et des noeuds plats. Le bambou sera ensuite habillé de tissus madras aux couleurs vives.



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