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| Le Grand-Cul-de-Sac-Marin de paradis en paradis Quoi de plus pratique qu'un scooter des mers pour se faire une idée générale de la beauté du Grand-Cul-de-Sac-marin ? Ce petit engin de faible tirant d'eau permet en quelques minutes de rallier l'îlet Caret, l'îlet Macou, l'îlet Rousseau, la Pointe des Sables, le canal des Rotours et celui de Duberran. Selon le temps de chacun, son budget, et ses envies, Sully concocte un programme à la carte alliant toujours découverte et plaisir de la glisse. Car le scooter des mers est avant tout un moyen de transport ludique et grisant, donnant à ses adeptes une grande sensation de liberté.
Il est 9h30. Sur la plage de Port-Louis, à l'entrée du bourg, la petite cabane colorée de Sully a ouvert ses volets. On s'affaire à mettre les machines à l'eau pour une journée de glisse dans le lagon du Grand-Cul-de-Sac-marin. L'endroit est idéal pour découvrir les plaisirs du scooter des mers et les sensations que procure cette activité. L'itinéraire concocté par Sully emmène les visiteurs d'îlot en îlot pour des randonnées alliant découverte, convivialité et plaisir extrême. Avant le départ, petit briefing. Diplômé moniteur d'Etat, Sully peut encadrer jusqu'à huit personnes n'ayant pas le permis nautique. L'engin, malgré ses performances de vitesse, est très simple et la prise en main rapide. Un bouton vert pour démarrer, un rouge pour couper les gaz et un coupe-circuit relié en permanence au pilote pour les arrêts d'urgence. Particularité de cette machine : la direction est liée à la puissance. Petit cours (très succinct, rassurez-vous) de mécanique : « sous la machine, il y a un trou relié à la turbine par un arbre » (euh, je ne suis pas sûre de tout avoir compris, ndlr). Mais pas de panique, Sully traduit pour les nul(le)s : « en clair, plus on accélère, plus la direction devient souple. Il faut donc se gérer à l'aide des gaz ». Ça a l'air abstrait comme ça, mais tout devient limpide quand on passe à la pratique. Quelques minutes encore pour enfiler les gilets de sauvetage, s'installer confortablement aux commandes et les scooters s'élancent vers le large. Il suffit de quelques minutes à peine de navigation pour déjà entr'apercevoir toutes les possibilités de la machine que l'on apprivoise durant ce trajet d'une demi-heure qui nous conduit à notre première halte : l'îlet Caret. Protégé par une grande barrière de corail, le lagon du Grand-Cul-de-Sac-marin offre des conditions de navigation idéales et se prête à merveille à la glisse.
Rien n'est immuable
Bientôt, les fonds sombres qui bordent la côte s'estompent, laissant place à une mer d'un vert menthe à l'eau. Un petit îlet de sable blanc planté de cocotiers se profile avec grâce. Devenu en saison le rendez-vous de nombreuses embarcations, l'îlet Caret offre une vision de carte postale. En toile de fond, le littoral surplombé par la chaîne des Mamelles. Tels des champignons, quelques petits îlots de palétuviers ponctuent l'eau turquoise d'une touche plus sombre. La palette est parfaite. Un peintre n'aurait pas fait mieux. Le soleil inonde ce paysage paradisiaque d'une lumière qui semble irréelle. On coupe les moteurs sans hésiter pour savourer ce tableau. On se laisse bercer par le clapot avec délices regrettant de ne pouvoir se réveiller chaque matin avec ce spectacle sous les yeux. Petite halte désaltérante et rafraîchissante. Difficile en effet de résister à l'appel de cette eau chaude et translucide qui semble vouloir nous happer. On s'allonge sur le sable en se laissant caresser par les vagues. On resterait bien là quelques minutes encore, mais d'autres îlots nous attendent ; d'autres paysages de carte postale ; d'autres paradis. Chacun remonte en selle direction l'îlet Macou. Les scooters longe par le sud le grand et vert îlet Fajou. Impossible de nous en approcher. Classé en réserve naturelle, il est interdit aux scooters des mers (mais bizarrement, pas aux bateaux de plaisance qui chaque week-end viennent y jeter l'ancre et profiter d'une eau bleue cyan unique). On atteint bientôt l'îlet Macou sur lequel une petite chapelle a été édifiée. Petit tour à terre pour découvrir les pièges à crabe traditionnels, avant de regagner la Pointe des Sables où l'on accoste pour déjeuner. Située entre Port-Louis et Petit-Canal, cette longue bande de sable blond est uniquement accessible par la mer. Sully installe la table et l'on déguste avec appétit le poulet coco, aux ouassous ou en colombo qu'il a lui-même préparé. Ceux qui le souhaitent peuvent commander un menu langoustes que l'on cuira au barbecue.
L'après-midi est déjà bien entamée et il est temps de repartir pour une visite de la mangrove. Les machines pénètrent lentement dans le sinueux canal des Rotours jusqu'au site des oiseaux qui abrite pélicans, frégates, aigrettes, hérons garde-boeufs. Avant de regagner la base, on s'offre une dernière halte sur un dernier îlet : l'îlet Rousseau et son ponton de bois qui semble officialiser son existence. Cet îlet ne figure sur aucune carte marine. Normal, il est né, il y a quelques années des caprices de la nature. Dans cette région de hauts-fonds, rien n'est immuable. Et tandis que l'on tente désespérément de sauver l'îlet Caret inexorablement grignoté par la mer ou l'îlet Labiche qui subit le même sort, d'autres îlets naissent, tel l'îlet Rousseau ou l'îlet Blanc né après le cyclone Hugo. « Il y a sept ans, lorsque j'ai commencé mes balades, cet îlet n'existait pas », explique Sully. Il montre les bouquets de palétuviers qui ont pris racine à quelques mètres de là. « C'était comme ça, un îlot de mangrove qui s'est ensablé au gré des diverses houles qui ont touché la Guadeloupe ». Aujourd'hui, l'îlet Rousseau constitue une nouvelle halte que pêcheurs et plaisanciers n'ont pas tardé à s'approprier. La lumière tombe rapidement sur ce dernier petit paradis, sonnant l'heure du retour que l'on entame à la lueur d'un splendide arc-en-ciel.
Siwo Evasion : 06 90 58 83 25 ou 06 90 55 19 10.
Sophie Vermande | |||
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