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Magazine 'Destination Guadeloupe' :: n°28 :: Sep Oct Nov 2007


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Patrimoine : Adolphe Catan, la Guadeloupe immortalisée

Pendant 50 ans, Adolphe Catan a figé des instants de vie, des paysages et réalisé les portraits de centaines de Guadeloupéens. En 1920, il est le seul photographe de la Basse-Terre et avec passion, il accumule sur papier les preuves d'un passé qui sans lui n'aurait pas laissé de trace.

Adolphe Catan est un magicien de l'image à une époque où le numérique était une vision futuriste et l'argentique réservé à quelques privilégiés. Nous sommes dans les années 30. L'époque des paquebots acheminant les fonctionnaires guadeloupéens en congés bonifiés pour six mois ; l'époque des transports à dos d'âne, des canots à voile, des chars à boeufs ; l'époque des maîtres d'école en blouse noire et des enfants disciplinés ; l'époque des marchés odorants et des doudous aux costumes bariolés, des vendeurs de charbon et de sucres à coco et des villégiatures dans les hauts de Saint-Claude pour assurer les changements d'air. Adolphe Catan a figé tous ces instants de vie car c'était aussi les siens. « Je n'ai jamais vu papa partir en expédition photographique en nous laissant à la maison », se souvient Annick l'aînée de ses six enfants ; « en revanche, partout où nous allions, il prenait son appareil. Cet engin ne le quittait jamais, rivé autour du cou comme d'autres chaussent leur lunette et à sa taille une sacoche pleine de pellicules. Tout était prétexte à être photographié, tout l'intéressait. Nous allions à la plage, il prenait le rivage, les baigneurs, les carbets, les promeneurs... » Il est vrai qu'alors, être pris en photo relevait de la flatterie et personne ne se serait opposé à poser pour le « père Catan » l'un des photographes les plus connus de l'île entre 1920 et 1970. Il fut, d'ailleurs pendant de nombreuses années le seul sur la Basse-Terre. Il n'y a pas de famille à ce jour qui n'ait une photo signée Catan. Il a tout photographié de la Guadeloupe, les moments d'allégresse tout autant que les périodes de détresse comme le passage du cyclone de 28, les grandes crues et les incendies dévastateurs.

Un artiste minutieux et talentueux

Né en 1899 dans la commune de Vieux-Habitants, Adolphe Catan affiche très tôt des dispositions particulières pour la photographie. En 1920, il part à Paris suivre une formation. Elève sérieux, révélant de grandes qualités artistiques, il effectuera son dernier stage chez les frères Lumière, avant de partir pour une grande épopée photographique au Maroc. Il est reconnu pour son souci du détail. Un don qu'il cultivera toute sa carrière. Adolphe Catan pouvait passer des heures à colorier une photo à l'aide d'une loupe et d'un pinceau. Il s'était d'ailleurs confectionné une boîte équipée d'une ampoule. Il y glissait le négatif surplombé d'un verre grossissant. Ses couleurs étaient réparties dans des coquilles de palourdes. Grâce à ce talent, il fut le premier en Guadeloupe à proposer de la photo couleur. « Il ne remettait jamais une photo à un client, raconte sa fille, sans l'avoir retouchée même légèrement. Si le modèle avait une petite coquetterie disgracieuse, il se faisait fort de la faire disparaître ».

Profiter de la vie

De retour sur son île natale au début des années 20, il est nommé photographe officiel des gouverneurs. Avant-gardiste dans bien des domaines, en 1930 il réalise un ouvrage en collaboration avec Camille Thionville, intitulé « La Guadeloupe touristique ». Un vibrant hommage à son île qu'il présenta un an plus tard à l'exposition coloniale de Paris de laquelle il revient avec les plus hautes récompenses et notamment les félicitations du ministre des Colonies de l'époque, Paul Reynaud. En 1935, il présente au square Pichon à Basse-Terre l'exposition photographique des fêtes du Tricentenaire. En 1945, il commence la construction de sa maison en forme de bateau à Terre-de-Haut aux Saintes, qui surplombe toujours la rade. Les bateaux rentrant dans la baie pensaient avoir affaire à un véritable navire. Ils ne manquaient pas de saluer, par salves successives, ce paquebot original. En 1946, il y reçoit l'une des premières délégations touristiques internationales d'Américains et de Canadiens. En 1948, il fonde avec un ami le syndicat d'initiative de Basse-Terre. « Mes parents étaient tous les deux de bons vivants, explique Annick, il est vrai que maman ayant la charge de diriger la maison devait faire preuve d'une certaine autorité surtout avec ses enfants, alors que papa était un «bonbon» avec nous. Combien de fois ne l'ai-je vu rentrer avec des amis qu'il invitait au débotté pour partager notre déjeuner et jamais ma mère ne trouvait à redire. C'est comme pour le carnaval. Tous les deux adoraient y participer. Ils couraient pour le déboulé, se creusaient la tête pour les déguisements. Mon père a souvent mis son imagination au service des groupes pour dessiner et créer les chars. Il adorait cette époque qu'il a immortalisée à travers des centaines de clichés ».

pour l'amour de son épouse

De son premier mariage, Adolphe Catan a eu trois enfants et six avec sa seconde épouse, de 20 ans sa cadette. Le couple a vécu en totale harmonie dans la vie privée comme professionnelle. Ils se sont rencontrés chez des amis communs. Elle cherchait un travail et lui un assistant pour son laboratoire photo. Sa collaboration devait se cantonner essentiellement à des taches administratives, mais Catan s'aperçoit que la jeune femme s'intéresse, émet des avis, cherche à comprendre. Elle devient son élève avant de devenir son épouse. Et pendant toutes ces années de vie commune, cette femme qu'il chérit et admire aura un rôle majeur à ses côtés, le remplaçant régulièrement pour les portraits et les photos de famille. Un domaine dans lequel elle se forge une solide réputation. À telle enseigne que lors du décès d'Adolphe Catan en 1979, elle continue seule pendant les dix années suivantes à exercer le métier, dans le studio de la rue Léonard. Aujourd'hui, c'est son fils André qui a pris la relève comme portraitiste à Pointe-à-Pitre, alors qu'Addy et Alfred ont créé l'association Photo Cat en hommage à leur père. Ils organisent chaque année une exposition photos sur des thèmes divers. « Entre mes parents, tout semblait être parfaitement coordonné, poursuit Annick, avec le recul, j'imagine qu'ils avaient des désaccords comme tous les couples, mais pas une seule fois, ils ne se sont disputés devant nous. Ils ne se sont jamais appelés par leur prénom, mais toujours par des surnoms extrêmement doux. Ils s'embrassaient tout le temps et se respectaient profondément. Enfant, je disais à mon père que je voudrais un mari aussi gentil que lui. C'était mon prince charmant. Je crois aussi qu'ils cherchaient à nous protéger. L'un de mes frères était très gravement malade, mais nos parents ne nous l'ont appris que quelques semaines avant son décès ». Pour faire vivre sa grande famille, Adolphe Catan sachant qu'il pouvait compter sur sa femme, décide en 1932 d'ouvrir une entreprise de pompes funèbres, la première sur la Basse-Terre. Cette initiative finit de confirmer sa notoriété.

un héritage culturel

« Mon père était malade et nous le savions tous, raconte sa fille. J'étais enceinte et j'ai accouché le soir de son enterrement. L'arrivée de ce bébé nous a tous aidés à surmonter le deuil d'un être que nous aimions profondément. Et aujourd'hui encore, les frères et soeurs restent unis et solidaires en souvenir de nos parents, pour suivre leur exemple. Pour eux, rien n'était plus important que la famille et chacun vivait sa passion à travers elle ». Le 19 janvier 1979, à l'âge de 80 ans, Adolphe Catan s'éteint, laissant derrière lui plus de 50 ans de photographie. Des documents qui permettent d'alimenter le patrimoine culturel des Antilles et de renforcer et d'approfondir la compréhension entre les générations.

Contact de l'association :
- Photo Cat' : 05 90 81 12 44
- http://www.photo-catan.com
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