|
| Guadeloupe > Le Magazine > Présentation du n°33 > Les îles du monde entre les mains
Requètes courantes : îles guadeloupe [167] guadeloupe monde [282] entre bois [162] soins mains [6] |
| Les îles du monde entre les mains Régis a toujours eu la passion des cartes géographiques et des îles. Son installation à Marie-Galante l'amène à concevoir puis éditer des cartes des Antilles qui font aujourd'hui référence. Des posters en bleu et jaune qui incitent au rêve et à l'évasion.
Elles ont des noms qui font voyager sans bouger de sa chaise. Des noms qui s'égrènent comme un chapelet de perles d'or sur fond d'azur. Des noms qui inspirèrent à Laurent Voulzy l'une de ses plus célèbres mélodies.
« Belle-île-en-Mer, Marie-Galante, St Vincent, Singapour, Seymour, Ceylan? » Autant de bouts de terre que Régis Fraipont a consigné une bonne partie de sa vie sur des petits papiers transparents avant de les assembler en de magnifiques cartes géographiques qui font aujourd'hui référence dans l'univers de la cartographie.
Les cartes et Régis Fraipont, c'est une vieille histoire d'amour. Installé depuis 24 ans à Marie-Galante, il y a dessiné la première carte touristique de l'île. « C'était en 1990. À l'époque, il n'y avait que 35 000 touristes par an, dix fois moins qu'aujourd'hui et il n'existait pas d'office de tourisme.
Régis a déjà une expérience dans l'édition de cartes. Maquettiste à l'office de tourisme de Cannes sur la Côte d'Azur, il dessine la ville à la main avec toutes ses villas, ses résidences. Un travail colossal qui lui demande six années. Il s'attaque ensuite à la carte de la commune voisine de Nice, pendant six autres années.
Une île qui n'existe pas
Face aux demandes répétées, l'idée d'une carte de Marie-Galante fait son chemin et la Galette est enfin couchée sur papier brillant. « C'était le premier document touristique de l'île, se souvient Régis. Il y avait la carte mais aussi une liste des restaurants et des hôtels classés en cinq catégories. Elle avait été tirée à 10 000 exemplaires et était vendue 40 francs pièce. L'année suivante, Laurent Voulzy a sorti sa chanson Belle-île-en-Mer Marie-Galante. Les gens téléphonaient à la mairie pour obtenir des renseignements. On les dirigeait alors sur la carte. Les 10 000 exemplaires ont été vendus en quelques mois. »
C'est une émission de radio parlant de voyages qui va lui inspirer la suite de son travail. « On parlait des îles sans jamais les situer. Je me suis dit que c'était dommage qu'il n'existe pas de carte des petites îles. » Durant deux ans, Régis amasse 3 m3 de documents en tout genre, cartes, photos, livres. Il recense plus de 5000 îles dans le monde ayant un intérêt.
Fort de cette matière, il décide d'imprimer sa carte sur le plus grand format techniquement réalisable.
Il détermine d'abord la surface de chaque océan-l'Indien occupera moins d'espace que le Pacifique-, puis les groupes d'îles de chaque zone. Vient ensuite le travail sur les côtes qui lui permet de corriger quelques erreurs et de faire d'étranges découvertes. « Je me suis aperçu que les cartes existantes recensaient une île qui n'existait pas ! Cette île était située un peu plus loin que la Nouvelle-Calédonie. Elle avait été aperçue par des géographes en bateau en 1850 qui n'y descendirent pas. Ces géographes qui relevaient les atolls l'estimèrent à une cinquantaine de kilomètres et la nommèrent « île de sable ». Il y a quelques années, alors que les savants cherchaient un endroit pour observer la comète de Haley, ils se renseignèrent sur l'île de sable auprès des autorités compétentes à Nouméa, puis de la gendarmerie et de l'armée qui attestèrent qu'aucune île n'exstait à cet endroit-là. L'explication avancée aujourd'hui est qu'en 1850, l'équipage du bateau a pris pour un atoll une baleine morte avec son sang autour. »
La boucle est bouclée
La carte des îles du monde est éditée en 1992 sur un maxi format de 1,20 m x 1,60 m. C'est désormais une véritable passion à laquelle Régis s'abandonne entièrement. Une passion qui le taraude depuis l'enfance. « A sept ans, j'arrachais les pages du dictionnaire de ma mère, raconte-t-il. Dans les affaires de mon père, dans une valise, il y avait une carte du monde. Je connaissais tout ce qu'il y avait dessus. En fait, je connaissais déjà le monde (?). Quand je dessine une carte, je tremble de bonheur, plus rien ne m'intéresse reconnaît-il. J'ai une liberté absolue et je peux choisir de dessiner les cartes que je veux, les îles qui me plaisent. »
Cette première édition est bientôt suivie par une carte de la grande Caraïbe recensant toutes les îles des grandes et des petites Antilles, de la Floride au Venezuela. Un agrandissement de chacune en bas et en haut de la carte ainsi que leur année de découverte complètent le document.
Tous les noms sont écrits à la plume. « Je mémorise parfaitement le mot, je prends ma respiration pour écrire d'un trait. Je n'ai pas droit à l'erreur », souligne Régis.
C'est surtout la nuit qu'il opère, lorsqu'il a l'esprit disponible et que tout est calme. Durant plusieurs mois, il amasse des dizaines de croquis. « Ce n'est qu'une fois chez l'imprimeur lorsqu'on les assemble que je découvre réellement mon travail ».
La carte des petites Antilles imprimée en 80 cm x 120 cm est un véritable best-seller qui se vend à plus de 30 000 exemplaires. Pendant des années, Régis parcourt la Caraïbe pour achalander les librairies jusqu'à Cuba. Il a aujourd'hui une clientèle fidèle qui lui téléphone pour le réassort. Sa dernière carte a été éditée, il y a trois ans. C'est une nouvelle carte de Marie-Galante imprimée sur papier couché glacé pelliculé en format 30 cm x 42 cm. Elle recense les 37 points incontournables de l'île et est offerte gracieusement à tous ceux qui viennent la chercher à l'hôtel Grand Palm qu'il tient désormais avec sa femme. La boucle est bouclée et Régis entend bien raccrocher les stylos. Et pas question de continuer à l'ordinateur. Le cartographe s'est promis de ne plus créer de nouvelles cartes. « Quand je vois avec quelle facilité on peut réaliser ce travail désormais, je préfère ne pas essayer. D'abord parce que je deviendrais accro ; ensuite parce que je pense que je serais tenté de me dire que j'ai perdu mon temps pendant toutes ces années ». | |||
Dossier spécial : Marie-Galante : sommaire de ce n° 33 : Éditorial : Yes, they did it !, Une transat sur un air populaire, Si l'aventure m'était contée, Un jardin exotique sous différentes latitudes (3e partie), MARIL Une artiste à découvrir, Balade au coeur d'un patrimoine naturel coloré et fruité, La table de Nina (Ex ZAGAYA), Du poste à galène à l'ère numérique, une histoire de pionniers, Le Caraib'Bay Hôtel sur la voie du tourisme durable, Portfolio : Le jardin botanique de Deshaies, Marie-Galante : Nouvelle destination touristique, Le Kawann Beach Hôtel, Les îles du monde entre les mains, Une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, La passion de la calebasse, Orfèvre de la mer, Salon, Artisanat, PATRIMOINE : Qui peut sauver l'habitation Diavet ? , MEMOIRE : L'abolition de l'esclavage aux enchères, SERVICE : Transport à la demande à Marie-Galante, CARNAVAL : Création d'un office du carnaval , 7ème ART : Basse-Terre en toile de fond d'un long-métrage , NAUTISME : Inauguration d'une base nautique à Sainte-Anne, Pour le plaisir d'un Bain de Minuit , Transat des passionnés, NOUVEAU : Une très vieille histoire de costumes, Guide Caraïbes Chic : hôtels, villas, restaurants, spas, golfs, «Rien ne sert de courir», Jardins tropicaux contemporains, Le meilleur des Antilles : Guide de cuisine, Musique : Première édition de Gwadloup'Festival , Sainte-Anne «Ville en fête et en lumières», Culture Café à la Grivelière, Musique classique : Les Nuits caraïbes, Les petites annonces, | |||
Voir le numéro : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 | |||
| |||
|
| |||||||||