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Magazine 'Destination Guadeloupe' :: n°31 :: Juin Juill Août 2008 |
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Un petit tour de volcanLa Soufrière n'est pas le seul volcan de la Guadeloupe. Sorti de mer il y a 1,5 million d'années et déjà éteint, le Houëlmont situé dans les monts Caraïbes abrite désormais l'observatoire de volcanologie de la Guadeloupe. Il est prétexte à une balade fort riche tant du point de vue archéologique, qu'historique. Sans oublier la faune et la flore.
Si la Soufrière est le volcan le plus connu de la Guadeloupe, il n'est pas le seul. Tous les sommets observés du nord au sud de la Basse-Terre correspondent en effet à des édifices volcaniques plus ou moins anciens qui constituent autant d'itinéraires de randonnée. C'est au Houëlmont que Gérard Berry, président de l'organisation des guides de montagne de la Caraïbe (OGMC), également responsable du Conservatoire du littoral de Guadeloupe et architecte du sentier du Houëlmont, nous conduits. Pas de difficulté particulière ni de danger pour cette marche de trois heures environ que l'on peut entreprendre avec des enfants. Cependant quelques pentes raides non négligeables freinent la progression et rendent cette balade moins aisée qu'elle n'y paraît ; surtout lorsque le soleil cogne. Il ne faudra donc pas oublier d'apporter un bon litre d'eau par personne. Cette balade en forme de boucle peut s'effectuer en partant de la marina de Rivière Sens à Gourbeyre ou dans l'autre sens, avec un départ à proximité des archives départementales situées à Bisdary. Un panneau indique l'itinéraire. C'est cette option que nous choisissons. Nous cheminerons quasiment à couvert tout le temps (sentier balisé en jaune), sur des terrains appartenant désormais au Conservatoire du littoral, propriétaire de 200 hectares dans les monts Caraïbes. Un chemin pavé atteste d'un aménagement ancien. Rejoignant Rivière Sens, il était autrefois utilisé par les propriétaires exportateurs de bananes qui acheminaient leur production jusqu'aux quais. Les fruits étaient ensuite chargés sur des chalands et transportés jusqu'aux cargos mouillant dans le port de Basse-Terre. Durant les 15 mn de marche dans cette zone xérophile (sèche), Gérard Berry ne tarit pas d'explications sur les arbres, lianes et autres plantes qui bordent la trace. On découvre ainsi la liane « glycine » ou « glycérine » qui calmait les fesses rouges des bébés, la liane « amourette » nommée ainsi car « quand elle t'attrape, elle ne te lâche plus », le cerisier sauvage en fleur, le calebassier, la gousse « ti canot », le gommier rouge qui pèle. « Il est caractéristique des zones sèches », explique le guide. « C'est un arbre qui n'a pas une grande valeur technologique mais son exsudat translucide est une excellente colle à papier dont on se servait autrefois pour confectionner les cerfs-volants ». On croisera aussi « l'hèb mal têt » également appelée « chance », une plante grasse se nourrissant de sa propre substance et capable de vivre plusieurs mois entre les feuilles d'un livre, ou encore le « ti branda », « plus fort que le Viagra », assure notre guide. Avec leurs grappes violettes, les « lianes de St Jean » appelées aussi « lilas pays » ou « liane rude » constituent l'une des rares touches de couleur de cette zone sèche. Les traces d'occupation humaine s'enchaînent. Autrefois, banane, café, cacao, vanille et manguiers colonisaient ces terres qui laissent place désormais à une forêt secondaire, aux arbres relativement jeunes, dont le poirier est emblématique. « Il y en avait toujours un à côté des maisons autrefois, souligne Gérard Berry. Il donnait du fourrage en carême pour les animaux ; ses fleurs et ses fruits sont mangés par les tourterelles et ses branches qui ont naturellement une forme courbe servaient à confectionner des berceuses ou les armatures des bateaux. Notre guide égrène une à une les propriétés et qualités de chaque spécimen peuplant cette zone mésophile : le campêche, très dur, dont on fabriquait le charbon, qui donne aussi un excellent miel et dont la sève se transforme en encre violette indélébile ; le courbaril très apprécié en ébénisterie, le goyavier montagne, la graine de galba avec laquelle on jouait autrefois aux billes et qui se révèle être aujourd'hui un excellent médicament, le genipa, le raisin coude, assez rare, Soudain, au loin, le « toc toc » caractéristique du pic noir, oiseau endémique à la Guadeloupe qui creuse les troncs comme son cousin le pic vert, résonne. Il s'est maintenant confortablement installé dans les monts Caraïbes alors qu'on ne le trouvait auparavant qu'en Côte-sous-le-Vent. « Il lui fallait un couloir végétal pour se déplacer », explique Gérard Berry. Il l'a trouvé... Au détour d'un virage, la forêt se pare de magnifiques balisiers rouges et jaunes. À quelques pas, un petit cimetière de trois ou quatre tombes ceinturées par de rachitiques crotons, rappelle que cette propriété appartenait au XVIIe siècle au gouverneur Houël. Au sommet du mont qui porte désormais son nom, on aperçoit bientôt une plantation de mahogany, issue d'une opération de reboisement menée par l'ONF dans les années 50. Après une bonne petite montée, on retrouve la route goudronnée ; de là, les plus courageux pourront monter jusqu'à l'observatoire volcanique qu'on peut visiter sur rendez-vous. Les autres ne sont pas rendus pour autant ! Il reste une bonne demi-heure de marche dont une partie d'éboulis rocheux à traverser, avant de rejoindre enfin le véhicule. Renseignements : - O.G.M.C : 06 90 63 08 08 / 06 90 30 87 77 - Email : g.berry-ogmc971@wanadoo.fr - Site : www.ogmc-guadeloupe.org. |
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