Logo Site Web - Destination Archipel Guadeloupe - www.guadeloupe-fr.com
Résidence Bleu Marine à Petit-Havre Sainte-Anne

"Destination Guadeloupe" Déc Janv Févr 2008/2009



Guadeloupe > Le Magazine > Présentation du n°33 > Si l'aventure m'était contée
Requètes courantes : aventure magazine [87] était paradis [19] histoire était contée [4]
Envoyez l'article à un ami
Total du Magazine 1 008 285 articles lus
Si l'aventure m'était contée
Découvrir des lieux à l'écart du tumulte de la ville, investir les labyrinthes des champs de canne, accéder aux criques les plus reculées, c'est le périple proposé par Safaricaraïb Adventure. À faire en 4X4 exclusivement.

9h00 : rendez-vous sur le parking d'une station-service de Baie-Mahault. Le véhicule compte déjà plusieurs occupants : Mica, le chauffeur guide de la société Safaricaraïb Adventure, un couple avec ses deux enfants (la plus petite a 20 mois) qui ont embarqué dès Saint-François et un autre passager récupéré à Sainte-Anne. Destination le nord Basse-Terre avec la découverte des champs de canne et des plages féériques. Le véhicule tout terrain, car c'est bien de cela dont il est question, file sur la route nationale en direction du Lamentin avant de s'engager sur un chemin de campagne.

Petit cours de botanique

Mica, jeune homme avenant et dynamique se lance dans une présentation de la culture de la canne, avec une digression sur le biocarburant. Il donne un maximum de détails sur les sujets qu'il connaît bien. Avec la même aisance, il disserte sur l'origine des flamboyants ou les difficultés économiques rencontrées sur l'île. Progressivement, le tuf remplace le bitume. La vitesse ralentit. De chaque côté, la nature offre ses curiosités : ignames, ananas bouteille... Pour ces derniers, il suffit après la récolte de replanter un morceau de feuille et 280 jours plus tard, c'est à nouveau « ananas land ». Mica s'attarde sur les usages de la siguine blanche utilisée par les Amérindiens pour réaliser pagnes et chapeaux, sur le fruit à pain, ce légume qui se cuisine comme la pomme de terre. Il a connu son heure de gloire à l'occasion de la diffusion du film « Les réfugiés du Bounty ». L'arbre du voyageur est ainsi dénommé car il indique systématiquement à l'état sauvage le Nord et le Sud et ses feuilles sont gorgées d'eau pour sauver les explorateurs égarés. Ces troncs effilés pourvus de fruits en forme de ballon de rugby sont des papayers. Extase générale devant la grosseur des avocats dont certains dépassent le kilo. Autre interrogation devant une fleur de banane qui comme la fleur d'aubergine est comestible ; réponse assortie d'un topo fort précis sur la récolte de la banane, l'une des deux productions majeures de l'île avec la canne. S'engage ensuite un exposé sur les fleurs et notamment les roses de porcelaine, les oiseaux du Paradis et l'alpinia. Mica en profite pour annoncer que contrairement aux apparences, ce ne sont pas précisément des fleurs mais des bractées.

En plein coeur de la campagne

Progressivement, le véhicule semble quitter la civilisation ; les cultures et les habitations ont disparu. Seule la chaîne de montagne domine le paysage. La végétation reprend ses droits et devient plus dense. Un arbre aux formes particulières attire l'attention ; c'est un fromager. Son bois très solide et son emplacement aux abords des chemins l'avaient tristement élu par certains colons arbre idéal pour pendre les esclaves rebelles. Lesquels étaient jugés par un jury populaire acquis à la cause du propriétaire qui se voyait ensuite indemnisé de la perte de sa « marchandise » par l'Etat français. Mica rappelle que l'esclavage a pris fin en 1848, c'est-à-dire il y a seulement quatre générations. Tout à sa discussion, le chauffeur réalise que le chemin est entravé par la chute d'un arbre. Les pluies abondantes des jours précédents ont rendu le terrain glissant et entraîné des éboulements. Tout le monde descend. Le chef de file sort alors l'ustensile indispensable sous les tropiques, le coutelas. Il n'a pas d'autre alternative que d'entailler l'arbre branche après branche. Tout le monde se joint à cette opération particulièrement physique et imprévue. Au loin, un bovin aux allures de zébu s'indiffère des efforts des hommes.

Goûter pour mieux découvrir

La route est enfin dégagée. Le véhicule poursuit son chemin en longeant la rivière de la Boucan alors que le piton de Sainte-Rose est de plus en plus dégagé à l'horizon. Nouvel arrêt, cette fois-ci volontaire pour découvrir les bâtons de canne qui s'élèvent à perte de vue, à hauteur d'homme. Pénétrer dans un de ces champs, c'est s'engouffrer dans un véritable labyrinthe. C'est le moment propice pour présenter cette plante sucrière bénie des dieux et son importance majeure dans l'histoire de l'île et de la planète. Car elle a modifié les habitudes alimentaires de milliers d'individus et reste encore aujourd'hui la première production au monde. Et c'est bien Christophe Colomb qui lors de son second voyage aux Antilles en 1493 transporta la canne jusqu'à Saint-Domingue. Elle n'arrivera en Guadeloupe qu'en 1645. Ce petit intermède historique bouclé, le guide coupe une tige, la tronçonne et en offre un morceau à chacun. Il suffit de le mâchouiller pour aussitôt déguster un jus sucré. Excellent tremplin pour aborder la fabrication du rhum et de toutes ses composantes. Mica aura pris soin en chemin de cueillir quelques goyaves sauvages pour les faire goûter à ses hôtes.

Une anse paradisiaque

Tout le monde embarque cette fois-ci en direction de Sainte-Rose. Quelques minutes de transport chaotique et c'est à nouveau la route nationale. Sainte-Rose possède un port de pêche très actif et particulièrement typique. Petite pause de quelques minutes pour photographier frégates et pélicans attendant patiemment l'heure du repas. Les étals de poissons les pieds dans l'eau, les couleurs vives des embarcations, une vague odeur de marée, et le faciès buriné des hommes de la mer donnent à cet endroit toute son authenticité. Le moment pour Mica de présenter la mangrove, cet écosystème hors du commun, de la faune qui la peuple et de l'intérêt de préserver la barrière de corail qui se dessine au loin. Cette fois-ci la route longe le littoral ; la vue est somptueuse en arrivant sur Deshaies. Au loin se dessine l'îlet Kaouanne, du nom d'une petite tortue, et dans le prolongement, un autre îlet surnommé « Tête à l'Anglais ». Ni l'un ni l'autre n'est habité et il est d'ailleurs interdit d'y séjourner. À droite, l'anse Tillet ; à l'exception des vacances de Pâques, où la tradition veut que chaque famille choisisse un endroit pour camper, la plage est déserte le reste de l'année. Le chemin est un peu abrupt et descend vers le rivage. Et là, c'est l'émerveillement, le cliché carte postale, en mieux. Une crique protégée de chaque côté par des roches en basalte offrant ainsi une mer d'un calme olympien, idéale pour la baignade des enfants. En face par temps dégagé, le nageur aperçoit l'île de Montserrat et son volcan perpétuellement en éruption depuis plus de dix ans. Même à cette distance, il est possible de distinguer la forme de la coulée se jetant dans l'océan.

Un nuancier de couleurs

Ici, le sable doré doit sa couleur à l'érosion de la terre. En s'éloignant vers le sud Basse-Terre, ce sable prend une teinte presque noire du fait de la proximité de la roche volcanique ; partout ailleurs, il est blanc en raison cette fois-ci de l'inéluctable érosion de la barrière de corail. Chacun se jette dans l'eau avec bonheur. Jade et Thomas, les deux plus jeunes passagers se régalent dans cette eau transparente qui laisse découvrir ses fonds marins à quelques centimètres du bord. 45 minutes de régal absolu au paradis, sous l'oeil attentif des palmiers royaux, jusqu'au rappel des troupes par le chauffeur. Il est temps de regagner le bourg de Deshaies pour le déjeuner. Un restaurant typique, lui aussi en dehors des circuits traditionnels propose aux passagers une nourriture locale : petit punch maison, accras, poissons frais, viande grillée et glace coco. Nouveau départ pour le saut d'Acomat sur la commune de Pointe-Noire; un bourg au clocher d'église entièrement en bois. Acomat est d'abord le nom d'un arbre ; d'ailleurs Pointe-Noire est dit-on la capitale de l'ébénisterie et abrite à ce propos la Maison du bois. Dix minutes de marche dans des conditions convenables mais où il est parfois nécessaire de négocier avec prudence la déclivité courte mais franche conduisant au saut. En bas, l'eau s'écoule avec retenue, comme par ricochet, à travers le semis désordonné des rochers mariés au profil de la rivière.

La cascade Emeraude

Au point d'arrivée, une vasque d'eau emmitouflée d'une végétation tropicale, se dévoile. Une cascade bien connue des adeptes du canyoning confère à cet endroit l'image d'un havre de paix. On vient pour se baigner, bronzer, jouer aux dominos, pique-niquer et naturellement plonger des divers promontoires naturels. Toutefois, si Mica se permet de faire quelques démonstrations de plongeons bien pensés, cet exercice est réservé aux habitués qui s'élancent de 9 mètres pour arriver dans environ 2,50 m de profondeur. Attention ! La prudence est de rigueur car plusieurs accidents ont eu lieu ici comme ailleurs. Les pluies et les crues fréquentes imposent des règles de sécurité qu'il convient de parfaitement respecter avant tout plongeon. On ne le dira jamais assez? La cascade surnommée « Emeraude » doit son nom à la couleur de l'eau du bassin très particulière, du fait de la pierre d'argile que l'on trouve en grande quantité dans le secteur. Mica montre ensuite comment jouir d'un toboggan naturel et se lance dans un cours de botanique sur les épiphytes, les ananas sauvages, les calebasses et autre curiosité dont regorge la forêt, au coeur du parc national. L'heure du retour a sonné, cette fois-ci en passant par la route des Mamelles, plus communément dénommée route de la traversée. Au départ une allée montante, magnifique de flamboyants, accompagne l'automobiliste sur plusieurs kilomètres.

La traversée fantastique

Au fur et à mesure de l'ascension, la nature s'épaissit, les arbres gagnent en amplitude. Rapidement, le mur d'escarpement se couvre d'un tissu coloré et moussu. Quelques lacets bien serrés négociables avant que les fougères arborescentes ne viennent mordre la chaussée, ennoblissent la voie de leur parapluie humide et esthétique. C'est alors que l'on aperçoit deux pitons caractéristiques des volcans caribéens, les deux mamelles, aux formes coniques. Cette route a demandé des efforts considérables pour être tracée, mais permet aux riverains de la Côte-sous-le-Vent de regagner la Grande-Terre plus rapidement. Le circuit du retour est fort plaisant avec cette fois-ci quelques précisions sur la faune comme le racoon ou l'agouti, la disparition des perroquets et des singes et la préservation du pic de Guadeloupe, espèce endémique et unique au monde. Les premières plantations font leur apparition. Le crissement strident de cigales invisibles se fait bientôt entendre, signe que le carrefour nous reliant à la modernité n'est plus très loin et que le spectacle verdoyant touche à sa fin.

Couverture du n° : 33 Dossier spécial : Marie-Galante
Dossier spécial : Marie-Galante : sommaire de ce n° 33 : Éditorial : Yes, they did it !, Une transat sur un air populaire, Si l'aventure m'était contée, Un jardin exotique sous différentes latitudes (3e partie), MARIL Une artiste à découvrir, Balade au coeur d'un patrimoine naturel coloré et fruité, La table de Nina (Ex ZAGAYA), Du poste à galène à l'ère numérique, une histoire de pionniers, Le Caraib'Bay Hôtel sur la voie du tourisme durable, Portfolio : Le jardin botanique de Deshaies, Marie-Galante : Nouvelle destination touristique, Le Kawann Beach Hôtel, Les îles du monde entre les mains, Une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, La passion de la calebasse, Orfèvre de la mer, Salon, Artisanat, PATRIMOINE : Qui peut sauver l'habitation Diavet ? , MEMOIRE : L'abolition de l'esclavage aux enchères, SERVICE : Transport à la demande à Marie-Galante, CARNAVAL : Création d'un office du carnaval , 7ème ART : Basse-Terre en toile de fond d'un long-métrage , NAUTISME : Inauguration d'une base nautique à Sainte-Anne, Pour le plaisir d'un Bain de Minuit , Transat des passionnés, NOUVEAU : Une très vieille histoire de costumes, Guide Caraïbes Chic : hôtels, villas, restaurants, spas, golfs, «Rien ne sert de courir», Jardins tropicaux contemporains, Le meilleur des Antilles : Guide de cuisine, Musique : Première édition de Gwadloup'Festival , Sainte-Anne «Ville en fête et en lumières», Culture Café à la Grivelière, Musique classique : Les Nuits caraïbes, Les petites annonces,

Voir le numéro : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39

Editions Antillaises de Presse
- 1, Rue Bellevue
- 30730 Montpezat
- tél : 04 66 74 31 04 (et fax)
- tél : 08 75 23 40 42 (px app local)
- info@destination-guadeloupe.net

Cette page est destinée à votre usage strictement personnel : toute reproduction, même partielle, des textes ou d'images est interdite sans l'accord préalable écrit du ou des auteurs, ou de leurs ayant droit.
Version numérique du n°33 disponible ici
Dernière minute : 1500 au lieu de 1900 16 sept au 09 oct 2010 : Promotion pour 8 pers/7 nuits Villa de grand standing front de mer dans un domaine ... Courriel Diaporama Skype me